Bertrand Belin

  • Grands carnivores

    Bertrand Belin

    Dans un monde dominé par la cruauté et la peur vivent deux frères aux ambitions différentes. L'un est un chef d'entreprise cynique. Il n'a d'autre fin que la restauration de ce qu'il appelle « la grandeur du pays ». L'autre est un artiste refusant de se soumettre : il aime, désire, cultive ainsi de vaines activités, néfastes à l'ordre général. La joie de l'un éveille l'irritation de l'autre. Quand un cirque s'installe en ville et qu'un groupe de fauves s'échappe, les habitants ne se préoccupent plus que de leur survie. L'inquiétude se propage avec la rumeur. Qui a peur, à présent, d'être dévoré ? Et par qui ? Le climat de terreur où les fauves ont plongé la population constitue l'occasion formidable de l'apparition d'un discours jusque-là souterrain. Bertrand Belin réussit une étrange fable romanesque, à une époque à la fois lointaine et très proche de la nôtre, où la peur, amplifiée par les discours politiques opportunistes, tient lieu de carburant à l'Histoire.

  • Vrac

    Bertrand Belin

    « Vrac est le livre par lequel m'est donné la possibilité de mettre enfin en langue des expériences sensibles appartenant à mon enfance et mon adolescence. Passé marqué par la confiance déposée dans la conquête nécessaire de la maîtrise du langage, perçue comme attribut d'un autre camp, maîtrise constituant la seule voie capable de conduire à l'amélioration de ce que je ne percevais pas alors très clairement comme ma condition » (Bertrand Belin).
    Vrac est un archipel de fragments, poèmes, anecdotes, affirmations, adages, définitions, pensées pour tenter de dire son enfance, ses origines. Naïveté, brutalité, drôlerie, raccourcis, emphase, bêtise, tout concourt à l'édification d'un témoignage morcelé, celui de la vie de bertrang, de la famille des belin, enfant, adolescent, avatar se rêvant en « grand professeur ». Mais les normes de la langue sont malmenées, en dépit d'une ostentatoire allégeance à la beauté des formes écrites. Ce bertrang, explique l'auteur, « s'exprime par ma voix, et moi par la sienne, nous exposant aux autres, en réponse à un désir puissant de clarté enjambant les décennies. » Les dégradations que subit la langue dans Vrac (grammaticales, syntaxiques, maladresses, boursouflures, lyrisme fané, néologismes) sont au service d'une confrontation directe avec la jeunesse et l'enfance de l'auteur, marquées par la rudesse des rapports sociaux, familiaux, par le spectacle de l'étrange vie des autres (familles, camarades, télévision). Vrac singe les formes existantes de littérature du fragment sans aucune ironie, de bonne foi, par admiration et dévotion, use des ressources bouleversantes de la naïveté, au service d'un témoignage, d'un aveu, d'une parole impossible à garder.

  • Requin

    Bertrand Belin

    «Voyons l'endroit. Le contre-réservoir de Grosbois créé en 1830 pour alimenter en eau le canal de Bourgogne offre tout ce qu'on peut attendre d'un lac. Cette année le soleil est très présent sur l'ensemble du pays et appuie encore de tout son poids sur le dos des baigneurs».

    C'est depuis le milieu d'un lac artificiel près de Dijon, durant le temps que prendra sa noyade et avec le souffle que lui laisse la dure entreprise de se maintenir en vie, que le narrateur élève, au prix d'efforts de plus en plus pénibles à produire, son chant d'adieu. Une oraison fragmentée, épique, drôle, qui le présente comme l'unique occupant d'un édifice s'affaissant jour après jour.

  • Littoral

    Bertrand Belin

    Trois marins pêcheurs, du côté de Quiberon, à un moment de l'Histoire qui pourrait être la Deuxième Guerre Mondiale, et l'Occupation - mais ça n'est pas si sûr...Le patron qui n'est jamais autrement appelé que « l'autre », un premier employé, le plus ancien, nommé « le troisième homme » et un jeune, « le plus jeune ». Leurs gestes quotidiens, la pêche, leurs relations tendues à cause de la personnalité violente de « l'autre », les vexations par exemple. La dernière journée : on croit que l'important c'est ce cormoran qui s'est pris dans les filets, mais non, beaucoup plus important, « l'autre » a tué un soldat de l'armée d'occupation le matin au moment d'embarquer. Le soir il est arrêté et sera exécuté.
    C'est tout et c'est énorme tant Bertrand Belin sait densifier la moindre phrase, le moindre mot dans cette phrase, les charger d'informations cachées, les rendre menaçants. Ce court texte est d'une rare intensité nourrie de rythmes subtils, de répétitions pas tout à fait exactes, de déplacements et d'un vocabulaire extrêmement riche.

  • « Si l'exercice, nouveau pour moi, qui consiste à écrire à dessein d'être lu et non écouté me conduit au même usage profane de l'ellipse que je fais dans mes chansons, nous sommes promis à d'inévitables sorties de route. » Pourquoi écrire des chansons ? Et comment aussi ? Enthou­siaste, inspiré et inspirant, Bertrand Belin répond à ces questions épineuses. Il emporte le lecteur comme il a été emporté par le sujet. Le chanteur a rendu une copie foisonnante, faite de « Pentes », d'« Articles » et de « Fan­taisies ». Plutôt que de vouloir dompter cette matière, nous l'avons laissée se délier et exister. Le texte devient, tout à fait accidentellement, un témoin direct de l'émer­gence de l'inspiration. On ne pouvait espérer plus belle sortie de route.

  • Till

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    Till, sept ans, se retrouve seul dans la forêt, la nuit. Cette mésaventure - un voyage initiatique - nous est contée par Bertrand Belin et illustrée par les photographies de Valérie Archeno.

  • S.O.S. : Save Our Souls !
    Ce code international de détresse est utilisé ici comme titre pour qualifier cette série de photographies sur le groupe professionnel des marins-pêcheurs, petits patrons, artisans ou employés, de la côte atlantique nord au large des Sables d'Olonne. Ses photos montrent, dans une démarche esthétique et ethnographique, les gestes et les savoir-faire d'un métier aujourd'hui menacé. Le parti pris n'est pas celui d'un reportage classique mais d'une enquête de longue durée - plus de trois ans. De fait, Caroline Pottier a pu embarquer avec les pêcheurs et partager leur quotidien. En plus du travail en mer, elle s'est intéressée à leur univers domestique et a réalisé des portraits chez eux. Elle a également photographié l'environnement portuaire.

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