Fabrice Hergott

  • Jean dubuffet

    Fabrice Hergott,

    • Hazan
    • 27 Septembre 2006

    Oeuvre Venu tard à la peinture, ennemi particulièrement prolixe par son oeuvre et ses écrits de la culture et de l'art des musées, Dubuffet, un des artistes les plus surprenant du XXe siècle, est l'inventeur par excellence de langages plastiques nouveaux. Cet essai a deux mains décrit avec une exceptionnelle clarté une carrière de dynamiteur partagée en deux parties égales. La première est l'apprentissage de la seconde qui, de 1942 à 1985, n'est qu'un labeur extraordinaire de fécondité et de régularité à la recherche de la libération de toute contrainte. Cette voie subversive à l'encontre de toute norme établie le fait voisiner avec l'art de l'enfance et de la folie auquel il redonne ses lettres de noblesse (L'Art brut). Elle l'incline à des formes outrancières, aux méandres et aux signes expressifs des graffiti, à l'exploration de matériaux, le charbon, le bitume, le sable, les fibres végétales, dont le mélange assigne une place majeure à Dubuffet parmi les artistes matiéristes jusqu'à son orientation vers les grandes séries mentales de l'Hourloupe (1962-1974), prélude au graphisme gestuel des Mires (1983). Anarchiste, athée, antimilitariste, antipatriotique, ennemi de toutes les catégories (« il n'y a pas d'art abstrait ou bien l'art l'est toujours »), il appartient au petit monde de créateurs qui ont modifié notre vision de l'art, voire le cadre de notre vie urbaine. On ne peut plus regarder le sol, le bitume, les silhouettes des passants, les visages où s'interpénètrent organiquement les chairs, le végétal ou le minéral, la hiérarchie entre les choses et les personnes, après avoir contemplé son oeuvre. Ecrits : Ecrivain prolifique (il est allé jusqu'à inventer un langage), polémiste, parfois cruel, il a laissé des témoignages irremplaçables sur sa vision de l'art dans Prospectus aux amateurs de tout genre (1946), Biographie au pas de Course ; il a consacré aussi de nombreux textes à l'Art brut. Sont reproduits ici : Positions anticulturelles (1951-1963) ; Place à l'incivisme (février 1961) ; Entretien radiophonique avec Georges Ribemont-Dessaigne (mars 1958).

  • This massive volume is the most complete overview of German abstract painter Markus Lüpertz (born 1941). Comprising some 140 works, it retraces Lüpertz's career from his most recent pieces--including the Arcadia series of 2012--back to his beginnings in the 1960s.

  • Michel Würthle a fondé en 1972 le restaurant EXIL à Berlin/ Kreuzberg avec ses amis Ingrid et Oswald Wiener. Par je ne sais quelle aptitude, peut-être tout simplement parce que son patron fréquentait les artistes et les respectait, l'EXIL est rapidement devenu le lieu le plus important de la scène berlinoise. En 1978, il vend l'EXIL pour acheter avec Reinald Nohal le PARIS BAR, plus central, qui devient immédiatement le lieu mythique qu'il est toujours.
    La personnalité de Michel Wu¨rthle agit comme un aimant. Les meilleurs artistes, comme avant, continuent d'échanger boissons et repas contre des oeuvres qui viennent orner la salle du sol au plafond. On vient aussi pour voir cette nouvelle caverne d'Ali Baba, admirer ce café qui reprend le principe de la Colombe d'Or de Saint-Paul de Vence ou de la Kronenhalle de Zuurich avec la dérision et l'autodérision du vaste mouvement punk qui a submergé la planète mais qui ne se retirera jamais complètement du PARIS BAR.
    Cette persévérance est une énigme. On la doit à la personnalité de Michel Wu¨rthle. C'est qu'il n'est pas seulement un professionnel jusqu'au bout des ongles, il est aussi, caché sous une pudeur et un sourire sincèrement gêné, un artiste.

  • Né à Paris en 1922, Bernard Dufour se destine tout d'abord à être ingénieur agronome mais en 1942, il est envoyé en Allemagne pour faire son Service du Travail Obligatoire. Au cours de ce séjour, il fréquente l'Université de Heidelberg où il redécouvre l'histoire de l'art. De retour en France, il copie les grands maîtres au Louvre et, dès 1948, la Galerie Maeght lui consacre une exposition personnelle.
    Après avoir développé une oeuvre abstraite, Bernard Dufour se tourne, à partir des années soixante, vers une peinture figurative. Se concentrant de plus en plus sur le nu, et prenant pour modèle son propre corps et celui de sa femme, il explore le registre de l'intime et de l'érotisme. Son audace plaît ; il participe à diverses manifestations (la Documenta à Kassel, 1959, la Biennale de Venise, 1964...) et de grandes expositions lui sont consacrées. Depuis 1962, il vit et travaille à Foissac dans l'Aveyron. Première monographie sur l'oeuvre de Bernard Dufour. Une oeuvre qui explore l'art du nu et de l'érotisme et qui, souvent, fit scandale.

    Sa vie et son oeuvre ont inspiré Jacques Rivette pour La Belle Noiseuse (1991) avec Michel Piccoli, dans le rôle du peintre, Jane Birkin, dans celui de sa femme. Les toiles qui composent l'atelier et la peinture pour laquelle pose Emmanuelle Béart sont de Bernard Dufour.

    Une salle Bernard Dufour a été inaugurée au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris en octobre 2008 : elle contient une vingtaine de ses toiles dont la célèbre Holger Meins 75, où l'on voit le cadavre supplicié de l'un des membres de la bande à Baader, Holger Meins, décédé d'une grève de la faim en prison, en 1975, et le corps nu d'une femme au-dessus d'excréments.

  • " Tout est dans l'homme, tout dépend d'où la Lumière tombe en lui...
    Et je crois qu'aujourd'hui, l'homme est l'élément le plus important. Nous ne voulons pas montrer l'homme banalisé et standardisé, mais regardé avec estime et amour, placé sous son vrai jour et rétabli dans sa beauté et sa dignité. " Helmar Lerski

  • Le volume se compose d'un ensemble représentatif des oeuvres picturales de Peng Wan Ts réalisées en une cinquantaine d'années de production artistique. Un grand nombre des tableaux reproduits dans l'ouvrage qui accompagne l'exposition consacrée à l'artiste par le musée d'Art moderne de la Ville de Paris sont inédits : le principal exemple est l'oeuvre intitulée Banquet qui sera offerte à l'institution muséale à cette occasion.

    Dans les tableaux de Peng Wan Ts transparaît clairement la recherche poursuivie par l'artiste d'un équilibre entre les modes de pensée et d'expression de l'Orient et de l'Occident, ce qui fait de lui une figure de référence pour l'art contemporain chinois. Son approche reflète son intérêt indéniable pour la personne humaine, aspect indissolublement lié à sa découverte de l'art occidental, de Michel-Ange en particulier. Esthétique et plasticité sont les deux thèmes clés de sa poétique, sans oublier l'élément tragique qui lui permet de réfléchir à l'homme, à son histoire individuelle et collective, et à son intériorité.

  • Pierre Moignard est né en 1961 à Tébessa, en Algérie. Des collages peints sans ciseaux, voilà comment les tableaux de Pierre Moignard pourraient être décrits. Allant au-delà de l'hommage et de la citation, il réalise des emprunts aux tableaux de grands noms de l'histoire de l'art, tels que Manet, Goya, De Kooning ou encore Picasso. Il dit bénéficier du travail des autres, et ses toiles réinventent ainsi l'intrication entre la chose faite (peinte) et la chose empruntée (déjà peinte). C'est cet ajustement contre nature qui s'invente en peinture et la renouvelle. Il pousse cette pratique encore plus loin avec ses films Who Chooseth Me, Notes for the Merchant of Vegas (2009) et Holyland Experience (2013), réalisés aux Etats-Unis. Pierre Moignard a été exposé récemment à la galerie anne barrault (Paris, 2018), au Centre culturel Cesson-Sévigné et au MAMCO (Genève, 2010). Il a également participé à la Nouvelle présentation des collections permanentes du Musée d'art moderne de la ville de Paris en 2017.

  • Joseph Steib (1898-1966), modeste employé de la ville de Mulhouse, peintre amateur et totalement inconnu, a croisé la grande Histoire en 1940 après la féroce annexion de sa région au Reich nazi, révélant soudain une facette exceptionnelle de sa personnalité et de son talent. Il se métamorphosa et, dans le secret de son appartement, entreprit une oeuvre aussi violente qu'inspirée : « Le Salon des rêves ». Son opposition au nazisme, à la figure du Führer, le conduisit à une peinture radicale, hallucinée, conjuratoire : 57 tableaux réalisés entre 1940 et 1945. Une rapide exposition locale après la Libération, passée inaperçue, puis l'oubli total, la dispersion des tableaux après sa mort, jusqu'à sa découverte par un collectionneur, François Pétry, auteur du livre.
    A travers la restitution du quotidien de la guerre, avec ses brimades et ses violences, et des mises en scène hallucinées et parfois cauchemardesques, Steib a décidé de faire front à Hitler. Plus que ne l'a fait aucun autre peintre de son temps, il attaque Hitler par la peinture. Chacun des tableaux est un attentat, un sacrilège extrême contre le Führer, l'Antéchrist, que Steib fait pendre, juger et descendre en enfer.
    Le côté fortement transgressif de Steib s'inscrit dans la continuité formelle de la peinture de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance mais, par son esprit de révolte, il est en résonance avec la Widerstandsmalerei (peinture de résistance) des peintres allemands, vivant en Allemagne ou exilés (Dix, Grosz, Heartfield). Comme eux, et parfois davantage, Joseph Steib « cogne fort » avec ses icônes devenues emblématiques du XXe siècle.

  • Catalogue officiel de l'exposition présentée au musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg du 14 juin au 16 septembre 2001.

    Un ensemble unique de travaux sur papier de Kandinsky, contemporains d'une période méconnue (1913-1921), transition d'une abstraction lyrique et expressive vers un style plus géométrique.

    Des oeuvres inconnues en France provenant pour la plupart de Russie, de Munich, de Stockholm parallèlement au fonds Kandinsky du Centre Georges Pompidou.

  • Artiste complet, dessinateur, écrivain, créateur du groupe « Panique », collaborateur de la revue Hara-Kiri, décorateur, metteur en scène de théâtre et de cinéma, réalisateur de télévision avec la légendaire série d'émissions « Téléchat » ou « Merci Bernard », Roland Topor (1938-1997) est l'un des esprits les plus aigus de la fin du XXe siècle.
    Première exposition en France, cette publication privilégiera son oeuvre dessinée, qui constitue l'un des aspects les plus aboutis de cette oeuvre polymorphe. Par leur froide et tranquille cruauté, ils évoquent l'esprit d'un Kubin ou du dernier Goya.

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