Climats

  • Le problème des élites politiques et intellectuelles qui ont perdu le contact avec la réalité et ont renoncé au rôle civique lié à leur statut et au pouvoir. L'auteur défend la valeur du mot populisme, synonyme à l'origine de combat radical pour la liberté et l'égalité au nom des vertus populaires

  • L'édification méthodique d'une culture de masse, c'est-à-dire d'un ensemble d'oeuvres, d'objets et d'attitudes, conçus et fabriqués industriellement, et imposés aux hommes comme n'importe quelle autre marchandise, constitue l'un des aspects les plus spectaculaires du capitalisme moderne. Mais peut-être plus spectacu-laire encore, est, à partir des années soixante, le développement, au sein même de la Gauche, de cette culture de masse.

  • Les fondements de la désintégration sociale qui frappe les sociétés contemporaines sont le plus souvent abordés sous un angle sociologique et politique, particulièrement la question de la violence. La crise spirituelle de nos sociétés est, dans le cadre de ces analyses, un thème récurrent, mais généralement peu approfondi. Le texte évangélique a, lui, dénoncé et démystifié la violence sacrée, quelle qu'ait été l'action du christianisme institutionnel. La philosophie occidentale a par contre tenté d'occulter ou glorifier la violence sociale. La résistance à la violence de type sacré que nous connaissons aujourd'hui peut adopter diverses formes, en particulier par la prééminence donnée à la voix de la victime.
    La Violence révélée met en avant une dimension trop souvent négligée des Évangiles, leur portée anthropologique, et démontre que la découverte de l'anthropologie évangélique renforce la crédibilité aujourd'hui menacée de la théologie traditionnelle. Mais en plus d'être un livre magnifique sur le christianisme et la culture contemporaine, La Violence révélée est aussi un superbe ouvrage de critique littéraire. Gil Bailie s'est entouré des plus grands écrivains occidentaux, en particulier des poètes anglais contemporains. Qu'ils soient ou non chrétiens, des tragiques grecs à Dante, de Shakespeare à Cervantes ou Pascal, et jusqu'aux grands romanciers et poètes de notre époque, les écrivains sont plus pertinents que tous nos philosophes et tous nos savants pour comprendre le drame de la modernité. Les formidables analyses de ce livre ne font que renforcer cette conviction.

  • Présenter la globalisation comme une menace pour les particularismes identitaires est faux, puisque la véritable opposition se joue entre globalisation et universalisme. Le monde nouveau qui s'annonce est global, mais pas universel. Cet ordre nouveau, plutôt que de nier le particulier, octroie, voire impose à chacun une place bien définie avant de la folkloriser. Par conséquent, ce ne sont pas les particularismes qui se voient menacés par la globalisation, mais bien l'universalisme. Si l'on veut aller un peu au-delà de l'éloge simpliste du particulier, il est nécessaire de penser à la fois la globalisation et la valorisation des particularismes identitaires comme faisant partie d'une double dynamique propre au capital. Nous assistons ainsi à une sorte de pacte étrange entre le capitalisme global postmoderne et les sociétés pré-modernes. Dans ce contexte, un Eurocentrisme susceptible d'entretenir un rapport actif avec l'héritage culturel du continent est seul à même de défendre cette notion d'universalisme, à condition de savoir le penser ! Il faut donc être sévère à l'égard de la vision de l'Europe telle qu'elle est envisagée par nos élites bureaucratiques : Que veut l'Europe ? Comment faire pour qu'elle ne débouche pas sur une arrogance à l'américaine ? Un dialogue extrêmement critique avec ce projet s'impose. Car comment se permettre de critiquer les États-Unis sans critiquer dans un premier temps l'Europe ? Slavoj Zizek pose un certain nombre de bonnes questions : Sommes-nous en guerre, et avons-nous un ennemi ? Pour quelles raisons adorons-nous tous détester Jorg Haider ? Comment et pourquoi Vaclav Havel a abdiqué face à la logique du capitalisme ? Comment pouvons-nous nous approprier l'histoire européenne d'une manière radicalement nouvelle ?

  • George orwell, une vie

    Bernard Crick

    George Orwell, une vie est la biographie de référence sur l'homme et l'intellectuel George Orwell. Elle est aujourd'hui proposée à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de l'auteur de 1984.
    «L'esprit analytique de Crick, associé à sa parfaite connaissance du contexte historique, en fait le guide idéal, permettant au lecteur de suivre pas à pas le chemin tortueux de son paradoxal héros. » Arthur Koestler, the Observer.

  • Un officier de Tsahal se fait lyncher par la presse israélienne après avoir, lors d'une cérémonie, oublié le nom d'un de ses jeunes soldats mort peu de temps avant lors d'une opération. L'officier a-t-il commis une faute ? Quel est le rôle du souvenir dans notre vie intime, et dans la vie collective d'une nation ? L'Éthique du souvenir est un court et magnifique livre qui, pour répondre à cette question, examine avec simplicité, force et minutie les rapports qu'entretiennent le souvenir et l'éthique. Dans une langue lumineuse, dépourvue de tout jargon, Avishai Margalit déroule un raisonnement dont la rigueur n'exclut pas le recours à l'émotion. Se fondant sur le "souci d'autrui" (care), Margalit dégage, en parallèle à la morale, une philosophie de l'éthique à la fois individuelle et collective, insistant sur son ambiguïté et son exigence. Dans sa tentative de réponse à la question du devoir de mémoire (existe-t-il des communautés de mémoire ? Y a-t-il des événements dont nous devrions
    nous souvenir oe), Avishai Margalit met au jour la nécessaire présence
    d'une autorité chargée de la transmission du souvenir, le "témoin moral".
    Il s'interroge enfin sur le rôle de l'oubli et sa filiation avec le pardon. Audelà
    de son ancrage dans l'Ancien Testament, l'ouvrage fait appel aussi bien à la pensée de Platon ou de Freud qu'à des événements de l'histoire contemporaine. Avec humanité et humour, ce texte nous force à nous
    interroger sur nos rapports à autrui et sur le rôle que le souvenir des vies
    passées, de leurs souffrances et de leurs joies, peut jouer dans une
    politique inspirée par l'éthique.

  • Nous sommes en permanence bombardés par les médias avec l'idée que le plus grand danger réside aujourd'hui dans le fondamentalisme, et les différentes formes d'intolérance, qu'elles soient de nature ethnique, religieuse ou sexuelle. L'intolérance devrait être combattue par principe, et par les moyens d'une attitude conséquente, responsable. Mais ce postulat est-il si évident ?
    Le modèle dominant de tolérance multiculturelle est-il si innocent ?
    Il se pourrait, en fait, que se dissimule derrière ce principe d'indulgence un processus de dépolitisation généralisé. Le multiculturalisme dépolitisé est en réalité le nouveau vecteur du capitalisme global, et interdit de penser une nouvelle politisation de l'économie.
    Il est donc nécessaire, dans ce contexte, de réaffirmer l'importance de la discorde politique. Ce plaidoyer en faveur de l'intolérance est une déclaration d'amour à la passion du politique. Slavoj Zizek émet ici l'idée que ce dont nous avons aujourd'hui besoin en priorité, c'est d'une forte dose d'intolérance, particulièrement si l'on souhaite élaborer une critique pertinente de l'ordre présent des choses.

  • L'économie et la culture sont désormais intrinsèquement liées, non seulement à travers la commercialisation de la culture, mais aussi la "culturalisation" de l'économie. L'analyse politique contemporaine ne peut donc faire l'impasse sur la culture de masse, qui est aujourd'hui le champ de bataille idéologique central de notre époque. De Matrix à Richard Wagner, Slavoj Zizek explore l'imaginaire collectif occidental à partir des mutations subjectives à l'oeuvre dans la modernité, et par le biais d'une pensée de l'esthétique qui refuse la hiérarchisation et ne se dissocie pas de la question politique et psychanalytique.
    Zizek, persuadé que la notion de subjectivité doit aujourd'hui être réinventée, tente de mieux comprendre la nouvelle donne subjective et idéologique. Le cybersexe, l'événement politique, l'opéra, le cinéma apportent en cela des clés de compréhension fondamentales, tout en nous rappelant la dimension toujours hautement problématique du rapport au réel.

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