Matrice

  • L'ouvrage fait état d'un moment de la recherche du laboratoire EA 4007 « La section clinique », Université de Paris 8.

    La thématique générale s'oriente autour de trois axes du programme de recherche, celui de l'étude renouvelée des concepts lacaniens (du premier au dernier enseignement de Lacan), celui de la clinique contemporaine et des nouveaux symptômes, enfin celui de la connexion entre politique et psychanalyse à partir des textes freudiens et lacaniens sur le malaise dans la civilisation.
    Ils en illustrent différentes facettes et cette diversité fait montre d'une grande cohérence théorique et d'une orientation, celle de la psychanalyse lacanienne.
    Comme l'affirmait J.-A. Miller « S'il y a une orientation lacanienne, c'est qu'il n'y a aucun dogme lacanien, pas même l'inconscient structuré comme un langage, aucune thèse ne varietur qui donnerait lieu à un abécédaire, bréviaire, compendium, dogmatique. Il y a seulement une Conversation continuée avec les textes fondateur de l'événement Freud un Midrash perpétuel qui confronte incessamment l'expérience à la trame signifiante qui la structure ».
    Les travaux de recherche du laboratoire « La section clinique » soutiennent cet échange avec les fondements de la psychanalyse. Notamment la formulation du sexuel au principe de la théorie freudienne et la fonction littérale support de cette formulation.

  • Cet ouvrage interroge la psychanalyse et montre de manière inédite comment elle s'articule au discours d'autres disciplines telles que la sociologie, la médecine, la philosophie, les neurosciences, la littérature, et ouvre à de nouvelles perspectives sur les vieillesses du XXIe siècle.

    Qu'est ce que vieillir aujourd'hui ? La question du vieillissement est actuellement traitée partout, dans toutes les disciplines que regroupent les sciences humaines, qui tentent de montrer comment bien vieillir d'une part et comment « bientraiter » les personnes âgées d'autre part. Qui sont ces personnes dites « âgées » et à quoi sont-elles confrontées ?
    Les psychanalystes, qui se confrontent au réel du vieillissement, auprès des personnes âgées elles-mêmes ou des professionnels qui travaillent auprès d'elles, dans leur cabinet ou en institution, se décalent de toute position d'expert, faisant le pari d'un sujet vieillissant toujours aux prises avec son inconscient et son désir. Au-délà d'un abord strictement déficitaire, nous montrons que le vieillissement est avant tout une expérience subjective. Chacun trouve ses solutions pour faire face aux difficultés liées à l'âge, et au dévoilement du réel du corps et de la mort. Si le sujet de la psychanalyse n'a pas d'âge, que le désir est intemporel, le corps, lui, est soumis au temps qui passe, et des remaniements psychiques s'en déduisent.
    Cet ouvrage interroge la psychanalyse, telle que théorisée par Freud et par Lacan, et montre de manière inédite comment elle s'articule au discours d'autres disciplines telles que la sociologie, la médecine, la philosophie, les neurosciences, la littérature, et ouvre à de nouvelles perspectives sur les vieillesses du XXIe siècle.

  • Durant 18 mois, les participants du séminaire Démocratie Alimentaire animé par l´UMR 951 Innovation et le CREAM Université de Montpellier, ont travaillé à ce que pourrait être un droit à l´alimentation dit durable. Cette démarche encastrée dans le concept de démocratie alimentaire avait pour objectif de croiser les connaissances de la recherche, de la formation et des initiatives citoyennes à partir des conditions d´accès à l´alimentation des familles à petits budgets et des personnes en situation de précarité. Cette entrée par la précarité a pour fonction de révéler de façon plus saillante les inégalités et l´invisibilité de celles-ci dans la façon dont les politiques publiques y répondent depuis le milieu des années 1980. L´enseignement essentiel issu de ce croisement des dynamiques de savoirs résulte de l´analyse fine de la non effectivité du droit à l´alimentation en France et la compréhension de cette situation de fait, permet de comprendre un certain nombre de freins.

  • Depuis 1999, des parents se réunissent chaque premier mercredi du mois dans un groupe de parole créé par l´association « Les Enfants de la Goutte d´Or » (EGDO, Paris 18e). Ils y évoquent ensemble leurs problèmes familiaux, et parfois ceux de leur quartier. Ce fut le cas par exemple lorsque le groupe a décidé d´agir pour endiguer - avec succès - les rixes violentes qui ont opposé les jeunes du 18e et 19e arrondissement de Paris en 2016. À l´occasion des 20 ans du groupe, les parents ont voulu transmettre leur expérience, affirmer leur capacité d´action, et donner une autre image de leur quartier et d´eux-mêmes aux travailleurs sociaux et aux décideurs. Aux côtés de leurs textes, produits en ateliers d´écriture orale, ce livre rassemble des témoignages de l´équipe qui anime le groupe et de partenaires de l´association. L´ensemble révèle l´alchimie originale et complexe de cet « espace-temps » qui contribue depuis 20 ans à créer des liens et de l´entraide.

  • Protéger un enfant, c'est lui permettre d'acquérir ses propres capacités de protection.

    Protéger un enfant c'est lui offrir la possibilité de se doter, de se construire un intime suffisamment sûr, stable, pérenne, dans lequel il puisse se rétracter et mettre à distance les réalités extérieures, un lieu psychique secret, caché, inaccessible.
    Ce retrait est à considérer comme un mouvement nécessaire pour se construire subjectivement, et non comme un évitement symptomatique.
    Il en sera la condition pour un retour vers le monde extérieur où l'enfant pourra actualiser son désir d'échange avec ses congénères de façon plus assurée, son désir d'apprendre, sa curiosité.
    Protéger un enfant, question éminemment éducative, sera alors de lui permettre d'acquérir ses propres capacités de protection qui ne seront plus alors réduites à être défensives, mais créatives et ouvertes au monde.

  • Jusqu'au XIXe siècle face aux difficultés que pose l'individu dans sa famille et la société, surtout dans les grands centres urbains, celui-ci est écarté afin de protéger le groupe. L'histoire de Camille Claudel est éloquente, elle passa 30 ans dans un asile psychiatrique et ce jusqu'à sa mort. Au début du XXe siècle une alternative s'offre alors pour la résolution de ces problèmes, alternative centrée sur la personne, la psychanalyse était née. Freud dira qu'il faut garder la famille en dehors de la cure. Pourtant, il fera de la systémie sans le savoir avec la cure du petit Hans, par l'intermédiaire du père de l'enfant, alors que la psychanalyse n'envisage pas l'intervention d'une tierce personne. Une autre voie verra donc le jour en 1950 à Palo Alto en Californie avec l'apparition de la systémie. L'individu est indissociable de son groupe, de sa famille. Dans cet ouvrage, nous évoquerons l'histoire de la systémie, ses concepts, mais surtout les outils utilisés.

  • La force du travail de Matthieu Laville tient dans ce qu'il met à jour, dans le prolongement du remaniement du champ, instauré par la loi de 2005, les survivances de ces oppositions socio-institutionnelles et culturelles. Mais son propos ne consiste pas à convoquer le seul poids de l'histoire cristallisée pour rendre compte des pratiques actuelles des enseignants référents en termes de coopération, censée aujourd'hui gouverner la scolarisation des élèves en situation de handicap. Il investit également l'activité de ces professionnels au plus près de l'agencement de leurs tâches quotidiennes. Le recours à l'ethnographie, puis au questionnaire et enfin aux entretiens lui permet de réaliser un tableau saisissant de réalisme, alliant ambition cartographique et récits d'expérience. On y entend des enseignants référents aux prises avec des situations faites de prescriptions réglementaires descendantes, d'aspirations des familles à une scolarisation adaptée pour leur enfant, et d'objectifs propres aux professionnels de l'Éducation nationale, du secteur médico-social ou sanitaire. Cette architecture est stylisée de façon pertinente. On y voit une échographie de l'activité des enseignants référents d'une précision qu'aucun appareil d'imagerie médicale ne saurait atteindre, à la fois fondée quantitativement et illustrée par les mots de l'expérience vécue. Il en ressort pour les professionnels une zone d'invention cadrée en amont, mais fortement sujette aux pressions remontantes des terrains et des acteurs.

  • Pourquoi la perte d'un lieu aimé peut-elle conduire, de même que la perte d'un être aimé, à des réactions durablement mélancoliques ?

    Jusqu'à un certain point, la douleur de l'exil nous apparaît comme une réaction adaptée. Mais, trop longue, trop intense, elle inquiète, malgré la compréhension et l'empathie qu'elle suscite. Certains exilés sont dans l'incapacité de laisser perdre leurs attaches territoriales. Au-delà de l'évidence, au travers de l'histoire d'exilés anonymes et d'exilés célèbres, il se dégage un profil spécifique de saga familiale. On peut voir que sur plusieurs générations l'idéalisation fait obstacle à des forces internes déstructurantes. On comprend mieux alors que les enfants d'exilés « mélancoliques » aient tant de mal à intégrer une identité suffisamment stable, dans un territoire suffisamment adapté.
    Il est suivi d'un cas clinique particulièrement éloquent présenté par Agnès Bardin, Docteur en médecine et psychanalyste.

  • Depuis l'aube de la modernité, la mort est tendanciellement disqualifiée. Mort tabou, mort interdite, déni de la mort, les mots ne manquent pas pour évoquer la mort et son rejet.
    Ce livre met en perspective le traitement contemporain de la mort au regard de la psychanalyse, en appui sur divers travaux d'historiens, de philosophes, en lien avec la littérature et à la lumière des expériences personnelles relatives à la mort. L'analyse des pratiques entourant la mort et leur abandon vient questionner la volonté de l'homme de la dépasser par la technique. Une des questions centrales porte sur la façon dont les sujets parviennent à composer avec le rejet de la mort, à inventer une solution somme toute personnelle pour composer avec la perte. Dans une époque marquée par la solitude et l'érosion du vivre ensemble, la mort aujourd'hui nous réduit irrémédiablement à une affaire personnelle.

  • L'ouvrage résume le travail élaboré depuis plusieurs décennies par le Dr. Meyer, psychiatre, qui a eu l'ambition de réunir dans une même démarche l'ensemble des psychothérapies. Il dresse dans un premier temps un panorama des déterminants des psychothérapies tout en proposant un résumé des principaux courants. La seconde partie de l'ouvrage est consacrée à la démarche intégrative proprement dite, énonçant pas à pas les étapes de la démarche du Dr. Meyer. Une des idées essentielles est l'adaptation de la thérapie aux besoins et possibilités du patient, tentant l'articulation déjà inscrite dans beaucoup de pratiques mais pas toujours assumée.
    Une certaine idée de modernité en matière de psychothérapie, qui intègre des concepts importants tels que la pluralité des besoins, les diverses formes de demande... et les réponses adaptatives.

  • Si la précocité intellectuelle ne cautionne aucun comportement, dans le système scolaire autant que dans le cadre familial ou professionnel, son identification chez l'enfant, l'adolescent ou l'adulte permet d'organiser une stratégie éducative et pédagogique, faite de reconnaissance, de bienveillance et de tolérance, avec pour finalité la réalisation de soi, le confort mental et le bonheur de l'être.
    Il est important de distinguer chez les enfants et adolescents intellectuellement précoces le « ne pas pouvoir » du « ne pas vouloir ».
    Ils ne peuvent expliquer le pourquoi d'une réponse, ou ne ressentent pas le besoin de le faire. Écrire, dormir, manger sont souvent vécus comme une perte de temps...
    Ils ne supportent pas d'attendre, d'avoir à patienter, de tolérer, de s'ennuyer, tandis que leur hyper générosité en font des proies faciles et les expose aux premiers prédateurs, profiteurs ou manipulateurs venus.
    Leur pertinence se confond avec de l'impertinence, tandis qu'une colère d'une intensité extrême sera suivie d'un éclat de rire. Leur étourderie sera confondue avec de la provocation et souvent l'angoisse les tenaille : angoisse d'échec, du silence, d'abandon, d'inconnu, angoisse métaphysique.
    Certains relèveraient d'un nouveau signe zodiacal : piranha ascendant dauphin...
    Le clair-obscur provient du soleil. Au risque de s'éteindre, de s'étioler et de se marginaliser ou de disparaître, les enfants, adolescents, adultes intellectuellement précoces ont besoin de pétillement et de s'émerveiller, et d'entendre que la pluie ne vient pas du ciel, mais qu'elle vient des nuages : c'est ce que rappelle, afin d'apprendre à protéger de sa personne le sacré de son entité : « Le clair-obscur des anges ».

  • Cet ouvrage n'est pas un livre de plus sur la théorie psychanalytique des psychoses.
    L'érudit ou le spécialiste n'y apprendra pas grand-chose. Il n'est pas fait pour emmener le lecteur vers des considérations techniques de haut niveau, mais pour attirer l'attention sur ce qui est exploitable dans la théorie psychanalytique concernant les psychoses ; pour rendre compte en termes simples et concentrés du ou des points de vue développés par la psychanalyse, pour en faire ressortir les aspects éthiques et pratiques, utilisables dans le quotidien et en institution. Il propose d'adopter un cadre adapté à la souffrance de la personne psychotique et non, comme on le rencontre majoritairement, d'adapter le psychotique à un cadre qui représenterait une certaine normalité.
    Ce travail est donc une vulgarisation qui espère ne pas être réductrice, et qui tend à rendre compte de ce qui peut se passer dans l'être du psychotique et de la façon dont il répond (ou non) aux sollicitations du monde extérieur, à partir de sa logique propre et bien souvent désespérée. La plupart du temps dans le travail institutionnel, usagers psychotiques et professionnels ne se comprennent pas parce qu'ils ne parlent pas la même langue, parce que l'un et l'autre n'ont pas les mêmes objectifs, ce qui pousse les psychotiques à déployer des stratégies qui visent à neutraliser celle des accompagnants...
    Et vice et versa. Cet état de fait organise dès le début un rapport de force, un cercle vicieux dans lequel il semble que personne n'ai rien à gagner.
    Devant tant de difficultés et surtout dans l'ignorance du fonctionnement psychotique, c'est la fuite en avant généralisée : on demande aux psychotiques de s'intégrer, on fait comme s'ils le faisaient, on produit des règles qui se font passer pour des lois, et qui disent où est son bien en même tant qu'elles nient sa souffrance.
    L'objectif de l'ouvrage nourrit l'espoir de créer des ponts institutionnels entre les personnes psychotiques et les professionnels qui les accueillent.

  • Dans un contexte d´égalité des droits et des chances, une asymétrie perdure entre les enseignants des enfants sourds, très majoritairement entendants, assurant non sans difficultés leur tâche, et les sourds souhaitant y participer. La langue des signes, manifestation du saut qualitatif que les sourds ont offert à la gestualité naturelle jusqu´à en faire une langue à part entière, fait d´eux des êtres autrement capables dès le plus jeune âge. Mais elle se donne à voir et exige d´être vue, au lieu de donner à entendre, et c´est ce qui l´a longtemps perdue. Le malentendu qui fait que la société voit les sourds avant tout comme des personnes en situation de handicap plutôt que comme une minorité linguistique n´est pas le seul paramètre pour expliquer que la question de la langue d´enseignement aux enfants sourds soit encore souvent subordonnée à la présence de figures militantes.

  • À l'heure des discussions vives, parfois des polémiques sur les transformations du travail et sur l'impact des injonctions à organiser les modes de production à des fins de gains de rentabilité, chacun s'interroge sur les conditions politiques, stratégiques, organisationnelles et pédagogiques de l'apprentissage d'une profession. Toute profession s'apprend-elle ? Dans quels contextes, par qui ou avec qui un professionnel novice devient-il un professionnel expert ? Combien de temps durera cet apprentissage professionnel ? Tout apprentissage d'une profession n'est-il possible que dans le cadre d'un projet et d'un parcours de formation.

  • Les monographies de la pédagogie institutionnelle racontent généralement des histoires d'élèves. Patrice, Jean-Michel, Daniel, Janot d'Aubervilliers, Sophie d'Herblay, Alice d'ailleurs. Ce sont les titres des six monographies publiées en 1967 par Fernand Oury et Aïda Vasquez dans Vers une pédagogie institutionnelle. Quelles en sont les origines ? Quand ces monographies ont-elles été écrites ? Comment ? Par qui ? Comment ont-elles été diffusées ? Comment ont-elle été reçues ? Ce sont ces questions qui sont examinées dans ce livre. L'auteur mène une enquête historique à la recherche des origines de ces textes entre 1949 et 1967. Il nous invite à le suivre dans différents fonds d'archives et lors de ses rencontres avec des témoins de cette histoire de la naissance de la pédagogie institutionnelle.

  • Quelle place occupe l'éducation dans les collèges et lycées français ?

    Cette question a justifié une enquête sociologique auprès de nombreux acteurs. Des agents, maîtres ouvrier(e)s, assistant(e)s d'éducation (AED), assistant(e)s pédagogiques, assistant(e)s de service social, conseiller(e)s d'orientation-psychologues, conseiller(e)s principaux(ales) d'éducation (CPE), élèves, gestionnaires, infirmier(e)s, parents d'élève, personnels de direction, professeurs, professeurs-documentalistes et secrétaires ont été interrogé-e-s.
    Mais une recherche ne se réduit pas à des données déclaratives. Par une présence régulière dans cinq collèges et dans un lycée, l'auteur a pu analyser les pratiques quotidiennes et se livrer à une étude approfondie.
    Les informations obtenues conduisent à considérer l'éducation sous trois grands aspects.
    Le premier envisage les intitulés éducatifs attachés à des matières (telles que l'éducation physique et sportive) et, d'autre part, à des personnels (AED et CPE). Le deuxième aspect presse ces personnels « d'éducation » de punir les élèves, sur demande fréquente d'autres personnels. La division du travail, enfin, dessine un troisième aspect de l'éducation. Détachés du fonctionnement général de l'établissement et - hors la classe - des élèves eux-mêmes, les professeurs semblent autant protégés qu'écrasés par le rôle de savants. Ils peuvent ainsi refuser la réflexion collective, retenir leurs compétences éducatives et, finalement, soutenir des postures d'exigence qu'ils ne supportent guère.
    Ce pouvoir aveugle peut rendre l'éducation négative.

  • Les politiques sanitaires et sociales, dans un souci d'économie, de rationalisation des moyens et de contrôle, changent d'orientation. On parle désormais de virage ambulatoire (désinstitutionalisation) et d'inclusion (accès pour tous aux dispositifs de droit commun). [...] Dans ce nouveau cadre, construire des partenariats devient une injonction !
    Peut-on être partenaires lorsque les procédures d'appel à projet mettent en compétition les Associations et peut-on coopérer quand on est menacé de disparition ?
    Pour les personnes accompagnées, les dispositifs censés fluidifier leur parcours et répondre à la complexité des situations peuvent apparaître comme des nébuleuses où elles peinent à se repérer.
    Enfin, le partenariat peut-il être ordonné par des instances extérieures d'une façon normative ou doit-il être construit pas à pas avec la personne à l'aune de ses aspirations ?
    Il s'agit d'établir une relation de confiance sans enjeux de pouvoirs entre des partenaires parmi lesquels figure le sujet. Pour établir ce lien, il est avant tout question de langage et il faudra bien, au-delà du formalisme, des conventions préétablies, de nos pratiques spécialisées, se parler, s'entendre... se comprendre et se respecter.
    Découvrez notre cheminement et l'intégralité des interventions dans les actes du colloque .

  • Ce 5e ouvrage de Jean-Luc Tilmant s'adresse à tous les acteurs professionnels des domaines psycho-médico-social. Régulièrement qualifiées de bipolaires ou dépressives chroniques, les personnes violées ou victimes de pervers narcissiques sont encore souvent tributaires de la confusion maladie, symptôme et diagnostic. Ce livre présente un ensemble cohérent de données théoriques et méthodologiques susceptibles d'améliorer les comportements et le travail des intervenants afin d'accompagner la personne en trauma sur le chemin de la résilience.

    Fidèle à la maxime « Ne rien dire que nous n'ayons fait » de Fernand Oury, qui exhortait à prendre la parole à partir de la pratique, l'auteur signe ici un livre engagé où se conjuguent intimement la pratique, la?recherche et la formation.

  • La puissance publique, sous couvert d'Aide sociale à l'enfance et de Protection de l'enfance, prend la main sur l'éducation des enfants issus de parentalités précarisées.
    À l'interface assistant/assisté, naissent, se construisent et se développent des processus de stigmatisation affectant parents dépossédés tout autant qu'enfants protégés.
    Ces processus sont administrés et formatés en la mise en scène d'un sacrifice très opérationnel en termes d'homéostasie sociale : la production de cas sociaux.
    Du signalement jusqu'au placement, la succession des interactions et des intervenants fait apparaître ceux-ci comme les maillons-otages d'une chaîne dont la Maison d'enfants à caractère social constitue l'une des extrémités opérantes.
    Dans cette recherche-action menée durant quatre années au sein de l'établissement, nous avons voulu vérifier in situ jusqu'à quel point il était ou non possible à l'institution M.E.C.S. de se départir du processus systémique de stigmatisation dans lequel elle était consubstantiellement engagée et épargner à ses usagers leur destinée de cibles émissaires sociétales.
    Le dispositif M.E.C.S. peut-il être reprogrammé en outil de considération, voire d'aide à la reconstruction du lien familial ?
    La survenue au sein de l'établissement d'un contexte particulier - l'opportunité, laissée par la direction à l'équipe encadrante d'une liberté d'action et de mouvement - a permis à l'auteur d'ouvrir le champ expérimental à la question de l'effectivité en Maison d'enfants à caractère social.

  • Tenter d'éclairer quelques enjeux de l'adolescence.
    Tel était l'objet du cycle de conférences que les PEP 66 ont organisé pendant deux ans en collaboration avec l'IRTS et le laboratoire CORHIS de l'Université de Perpignan.
    L'adolescence est un phénomène qui mêle des ressorts bio-psycho-sociaux et, à ce titre, nous pourrions affirmer sans hésitation qu'il entre dans la catégorie des phénomènes complexes. En effet, même s'il ne faut pas la confondre avec la puberté, l'adolescence intègre dans sa problématique la question hormonale, ses effets sur le corps et sur le développement psychologique. De fait, ces interactions provoquent des stigmatisations et comportements sociaux individuels et collectifs se traduisant dans des redéfinitions identitaires et des bouleversements pulsionnels.
    La jeunesse n'est qu'un mot, disait P. Bourdieu, en 1978, en rappelant que les divisions entre les âges sont arbitraires et très complexes. Ce faisant, Bourdieu reconnaissait une place particulière et importante au fait social de l'adolescence : « ce statut temporaire », « mi-enfant mi-adulte », « ni enfant, ni adulte ».
    Les conférences présentées dans cet ouvrage rendent compte de la diversité des questions de l'adolescence, mais aussi de ses implications dans quelquesuns des maux de nos sociétés : délinquance, conduite à risque, radicalisation.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce livre délivre un message clair : le travail social est communautaire ou n'est pas, tout en dévoilant comment il se donne : par le croisement des expériences mais aussi dans la solitude, celle du doute et de l'errance. Ce texte est fait d'expériences de vie, croisées au fil des ans et des rencontres, dont bon nombre sont autobiographiques mais dont l'auteur luimême se demande ce qui les relie, éclairant paradoxalement la continuité du travail et la discontinuité de l'histoire. Ce qui les relie : la volonté, la force, l'espoir et le doute, la présence à l'autre, l'amour, l'engagement. Ce qui pose question, parfois en séparant : les situations limites, la responsabilité, la reconnaissance, l'amour et la juste distance, la répétition et la reprise, l'accueil, le savoir supposé des experts, le savoir du profane, qui ne sait pas encore qu'il sait. Il s'agit de rencontrer l'autre en personne, qui et non pas quoi, qui il est et non pas ce qu'il est - toxicomane, prostituée, malade, schizophrène, mauvais pauvre ou précaire. l'auteur montre le pouvoir de changement qui est dans la rencontre. Comment aller vers les gens est la vraie question.
    Vers qui aller en est une autre : qui en a le plus besoin ? On ne peut que remarquer la quantité de femmes - il y a moins d'hommes que de femmes dans les cas présentés - prises ici comme exemples de situations qui emprisonnent doublement le travailleur social et son autre dans une réalité sombre et misérable, celle d'une identité qui n'a pas été choisie et que la violence catégorielle n'a cessé de montrer du doigt et d'abimer au fil du temps. Il s'agit de reconnaître, en faisant attention à ne pas l'altérer, l'altérité de l'autre. Dans les termes de Ricoeur, ce livre est dans la confrontation de soi à l'autre un « parcours de reconnaissance ».

  • L'ouvrage rend compte du quotidien de 20 jeunes sans domicile à Paris et à New York sur leurs lieux de vie, de survie, d'errance en journée, en soirée, durant la nuit, en semaine et le week-end. L'attention est portée aux observations, aux témoignages, au vécu de ces jeunes. Ils racontent leur histoire, partagent des moments de vie, les joies et les peines, les désirs et les déceptions, les doutes. Ils dévoilent également leurs rêves. La parole leur est donnée.
    Selon l'I.N.S.E.E., 20.000 jeunes sont sans domicile en France ce qui correspond environ à 35% de la population sans domicile. Pourtant, ces jeunes demeurent, dans une certaine mesure, invisibles dans la sphère médiatique, politique, intellectuelle. Cet ouvrage a pour ambition de sensibiliser le grand public, les politiques, les associations, les entreprises en espérant des réactions, des actions.

  • Le travail social souffre de précarité et se retrouve dans la situation de l'arroseur arrosé?; alors qu'il a pour mission d'aider, il se retrouve en situation de devoir être aidé.

    Cela fait près de deux décennies que tous les secteurs du travail social sont impactés par des politiques publiques - marquées du sceau de l'efficience et de la rationalisation - qui renforcent paradoxalement la précarité des publics qu'ils accompagnent?; mais depuis quelques temps, des effets pervers de ces politiques se donnent à voir au sein même des institutions et jusque dans la réalité personnelle des professionnels. Manque de financements, concentration voire disparition, pour les premières, fragilisation du statut et paupérisation pour les seconds sont de plus en plus fréquents : le travail social souffre de précarité et se retrouve dans la situation de l'arroseur arrosé?; alors qu'il a pour mission d'aider, il se retrouve en situation de devoir être aidé.

    Ce numéro vise à établir une sorte d'état des lieux de la précarisation du travail social et de ses conséquences pour les publics concernés, les institutions, mais aussi pour les professionnels. Il ne propose pas de solution miracle, mais invite chacun et chacune à réfléchir sur la place du collectif et au sens du vivre ensemble aujourd'hui.

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