Guy Tosatto

  • Sigmar Polke

    Guy Tosatto

    Catalogue bilingue français/anglais de l'exposition Sigmar Polke au Musée de Grenoble.

  • Exposition organisée par le Musée de Grenoble, du 7 novembre 2020 au 7 février 2021.

    Parcours dans les collections d'oeuvres d'artistes italiens du musée de Grenoble et l'histoire de l'art italien : de Modigliani aux Futurisme, de la Peinture Métaphysique au Second Futurisme, des Abstractions au Spatialisme, des Figurations à l'Arte Povera.
    A la découverte des artistes de la collection italienne du musée de Grenoble : Modigliani, Luigi Russolo, Giorgio De Chirico, Filippo De Pisis, Osvaldo Medici Del Vascelles, Mario Tozzi, Luigi Columbo dit Fillia, Enrico Pramprolini, Alberto Magnelli, Manfredo Borsi, Berto Lardera, Lucio Fontana, Eduarda Emilia Maino dit Dadamaino, Antonio Calderara, Bruno Munari, Enrico Castellani, Valerio Adami, Leonardo Cremonini, Lucio Fanti, Mario Merz, Alighiero Boetti dit Alighiero e Boetti, Michelangelo Pistoletto, Giovanni Anselmo, Giulio Paolini, Luciano Fabro, Giuseppe Penone et Michele Zaza.

  • Connu avant tout pour ses natures mortes dépouillées et énigmatiques, pour son attachement viscéral à sa ville natale, Bologne, et pour sa vie monacale entièrement dédiée à l'exercice de son art, Giorgio Morandi (1890-1964) s'est imposé ces dernières décennies comme un artiste majeur du XXe siècle. C'est à travers le regard de l'un de ses collectionneurs, Luigi Magnani, que cet ouvrage se propose d'aborder de manière intimiste l'univers du maître bolonais grâce à la reproduction de plus de soixante-dix tableaux, gravures et dessins ainsi que de nombreuses photographies de son atelier.

  • Réfugié à Paris après avoir quitté l'Allemagne en décembre 1933, alors que les nazis viennent de fermer l'école du Bauhaus où il enseignait depuis 1922, Kandinsky s'installe avec son épouse Nina dans un appartement à Neuilly-sur-Seine. C'est là qu'il développe un style original, synthèse du vocabulaire géométrique des années du Bauhaus et des tracés aléatoires et ondulants de la décennie précédente. Par ailleurs, sous l'influence de ses lectures d'ouvrages scientifiques sur l'évolution de la vie, tout un répertoire de motifs biomorphes vient peupler ses compositions et confère à ce dernier style une saveur particulière.

    Cette période de l'artiste, la moins connue du grand public, riche de ses échanges avec les milieux artistiques parisiens, de son intérêt accru pour les sciences et d'une spiritualité plus vive, fut peu à peu marquée par un sentiment d'exil, un exil intérieur habité de réminiscences à la fois artistiques et autobiographiques, qui eut une influence profonde sur son art.

  • En collaboration avec le musée des Beaux-Arts de Dôle, le musée de Grenoble présentera à l'automne prochain une exposition rétrospective de Philippe Cognée. Apparu sur la scène artistique au milieu des années 1980, avec une peinture figurative aux accents primitivistes, Philippe Cognée a su, au début des années 1990, se remettre profondément en question et élargir son propos. En s'appuyant sur une technique picturale originale, il a développé une recherche plus complexe sur la peinture et son rapport à l'image photographique.
    Soulignant l'ambiguïté du visible, il oppose à l'objectivité affirmée de la photographie le tremblé d'une matière liquéfiée, qui met en question le sujet même qu'elle est censée représenter. Peinture du doute, elle se révèle être paradoxalement un acte de foi en l'art, seul capable de restituer la plénitude contradictoire du réel. L'exposition, la plus grande jamais consacrée à l'artiste, rassemble une centaine de peintures dont le fameux ensemble Carcasses (2003), composé de trente-six tableaux.
    Elle devrait permettre de saisir l'ampleur et l'ambition d'une oeuvre qui se déploie sur plus de deux décennies et fait de Philippe Cognée un des plus importants peintres français d'aujourd'hui.

  • Bien qu'installé en France depuis quinze ans, le sculpteur allemand Stephan Balkenhol demeure peu connu dans l'hexagone. De fait, cette grande exposition permet de prendre conscience de la pleine dimension d'une démarche qui offre une image renouvelée, non dénuée d'humour, de la statuaire anthropomorphique et une exploration subtile de la psyché contemporaine. Apparues au milieu des années 1980, les sculptures de Balken - hol se sont immédiatement signalées par leur dimension figurative affirmée et sont très rapidement devenues les icônes d'un renouveau de la sculpture figurative en Europe.
    L'attention qu'il prête à son matériau de prédilection, le bois (préserver son apparence originelle, ne pas masquer l'impact de l'intervention manuelle, lier en un même bloc solidaire figure et socle), indique clairement une optique moderniste. Cependant, ce qui retient avant tout l'attention dans son oeuvre est la place centrale accordée à la figure humaine. Jeunes, lisses, élégants, les hommes portent un pantalon noir et une chemise blanche, les femmes une robe courte de couleur unie et apparaissent comme autant d'archétypes de la société occidentale de la fin du XXe siècle. Pour accentuer leur dimension mimétique et renouer avec la tradition médiévale de la sculpture en bois polychrome, l'artiste peint ses figures, à l'exception toutefois des chairs qui sont toujours laissées en bois brut. Cette restitution réaliste confère à ses sculptures à la fois un aspect familier et une sorte d'inquiétante étrangeté, sentiment renforcé par les brusques changements d'échelle opérés par l'artiste qui traite ses sujets aussi bien aux dimensions de la miniature qu'à celles du monumental. Autour de la figure humaine, Stephan Balkenhol développe des thèmes qui croisent les interrogations fondamentales sur l'identité, la norme et l'altérité, l'individu face à lui-même et face au groupe, les rapports entre les sexes, la présence de la mort. Une thématique qui s'est enrichie au fil des décennies et que l'artiste traite sous des formes de plus en plus variées (ronde-bosse, bas-relief).
    C'est précisément par cette manière, simple et subtile, d'associer héritage historique et tradition artistique à des partis pris modernes et un univers résolument actuel que Stephan Balkenhol s'inscrit avec autant de force et d'originalité dans le champ de la sculpture d'aujourd'hui. Son oeuvre ne s'appuie pas sur une relecture tonitruante du passé, mais plutôt sur une tentative sincère et exigeante de renouer avec une histoire de la sculpture réaliste en préservant un regard à la fois tendre et ironique sur ce qui l'entoure:
    Une manière de réenchanter le désenchantement du monde d'aujourd'hui et de redonner à la mélancolie une forme on ne peut plus contemporaine, douce et amère.

  • Considérée comme l'une des artistes espagnoles les plus marquantes de ces vingt-cinq dernières années dans le domaine de la sculpture, reconnue au plan international, Cristina Iglesias reste peu connue du public français.
    L'exposition du musée de Grenoble et le catalogue qui l'accompagne permettent de découvrir une oeuvre à la fois pleinement contemporaine et profondément ancrée dans la culture ibérique.
    Née en 1956 à San Sebastian, Cristina Iglesias s'est fait connaître sur la scène artistique européenne au milieu des années 1980. Son travail s'appuie sur des formes fortement architecturées qui se présentent comme autant d'invitations à des expériences sensorielles particulières. La vue, mais aussi le toucher, l'odorat ou encore l'ouïe sont convoqués pour vivre littéralement ces sculptures ambiguës et sensuelles qui évoquent tant la nature que l'architecture, des constructions hybrides réalisées avec les matériaux les plus divers (bronze, albâtre, béton, verre).
    Pour le musée de Grenoble, Cristina Iglesias a conçu un parcours à partir d'un ensemble de travaux réalisés ces quinze dernières années : passage suspendu constitué de nattes en paille tressée sous lequel on déambule et qui découpe la lumière en mille éclats (visuel de couverture), labyrinthe végétal dont les parois sont animées par un lacis de branches et de feuilles, etc.
    Le catalogue, bilingue français/anglais, consacre de nombreuses pages à ces oeuvres monumentales mais il comporte aussi une partie rétrospective très documentée, avec des textes de l'artiste traduits pour la première fois.

  • Pierre Bonnard, les couleurs de la lumière Nouv.

    Exposition monographique organisée par le musée de Grenoble du 30 octobre 2021 au 30 janvier 2022 en partenariat avec le musée d'Orsay.
    Le musée de Grenoble s'est distingué très tôt par l'audace de sa politique d'acquisition d'oeuvres modernes et contemporaines et par une programmation mettant en avant les avant-gardes et les artistes novateurs. Dès 1920, le musée obtint le dépôt d'un tableau de Bonnard, La Femme au chien,. Les premières acquisitions du musée eurent lieu en 1933 avec deux chefs-d'oeuvre des années de la maturité du peintre, Intérieur blanc de 1932 et Nature morte jaune et rouge de 1931.
    Aucune exposition cependant n'avait encore été consacrée au musée de Grenoble à cet artiste considéré comme l'un des maîtres français de la modernité. Pierre Bonnard, les couleurs de la lumière viendra combler cette lacune.
    C'est la première fois qu'une exposition Bonnard sera construite sur ce concept essentiel chez ce peintre.
    Bonnard ne cherchait pas à reproduire la réalité du monde mais à traduire les éléments fugitifs qui la traversent. C'est la raison pour laquelle il ne peignait pas directement sur le motif comme le firent les impressionnistes, mais de mémoire dans son atelier, en se fondant sur des notes et des esquisses.
    Cette approche permettra de montrer les variations et les constantes de sa peinture à travers des thèmes représentatifs des différentes périodes de sa création.

  • Pour son exposition au musée de Grenoble, première grande exposition dans un musée français depuis sa rétrospective au Centre Georges-Pompidou en 2004, Giuseppe Penone conçoit un parcours très libre qui mêle oeuvres anciennes et créations nouvelles, sculptures et réalisations murales, pièces monumentales et oeuvres intimistes. À la manière de Bachelard, il offre une rêverie sur les éléments, rêverie sensuelle et poétique qui conduit incidemment à une approche renouvelée de la relation de l'homme à la nature, des liens profonds et indéfectibles qui les unissent. Bois, marbre, bronze, mais aussi végétaux, soie, cuir, graphite donnent forme à un nombre important de sculptures ainsi qu'à une réalisation in situ. Elles sont accompagnées d'une sélection de dessins, dont de nombreux inédits, qui viennent éclairer leur genèse.
    L'exposition et le catalogue qui l'accompagne se développent en cinq sections. La première évoque le toucher ; de la préhension première du nourrisson qui cherche à saisir la matière pour lui donner un sens nouveau. La deuxième s'attache à la peau ; à cette frontière perméable entre extérieur et intérieur qui renferme et protège les fluides vitaux (sang, eau, sève, résine.). La troisième porte sur le souffle, souffle du vent qui traverse les feuillages, souffle de la respiration qui anime les corps ; cette mise en résonance du corps et du végétal, rappel de la métamorphose de Daphné d'Ovide, illustre les liens qui unissent l'homme et la nature. La quatrième explore, à travers des empreintes magnifiées, les passages incessants et multiples entre les règnes minéral, végétal et animal. La cinquième, enfin, est un chant à la nature retrouvée, chant d'amour à la beauté des arbres, à leur puissance singulière et unique qui, à l'image des corps, conservent en eux l'histoire et le temps.

  • Née en 1887, dans le Wisconsin à Sun Prairie, Georgia O'Keeffe est reconnue, dès les années 1920 aux États-Unis, comme une figure majeure de l'art moderne américain. Longtemps associée à ses fleurs monumentales et suggestives, l'artiste est toutefois restée jusqu'à ce jour en Europe dans l'ombre de son compagnon et mentor, le célèbre photographe et défenseur des avant-gardes, Alfred Stieglitz. Le musée de Grenoble lui consacre sa première exposition en France sous la forme d'un dialogue avec les photographes qui ont contribué à forger son regard : Alfred Stieglitz, Paul Strand, Edward Weston, Imogen Cunningham ainsi qu' Ansel Adams, Eliot Porter et Todd Webb. Cet ouvrage révèle l'univers inédit de cette icône de l'art américain.
    Georgia O'Keeffe occupe une place singulière dans le contexte de l'art américain. Ses peintures, reconnaissables entre toutes, se distinguent par leur immédiateté, la sensualité de leurs couleurs et la clarté de motifs qui s'imposent, avec insistance, à la mémoire. La force de ces images, qui viennent questionner le visible, tient au trouble créé par des formes énigmatiques oscillant souvent entre abstraction et figuration. L'artiste se fait connaître, dans les années 1920, par des peintures de fleurs et de buildings au réalisme photographique. Elle assimile alors l'esthétique précisionniste des peintres du cercle de Stieglitz - Arthur Dove, John Marin, Charles Demuth et Marsden Hartley, pour ensuite donner corps à un répertoire formel unique, profondément marqué par sa vie dans le désert du Nouveau Mexique. A partir des années 1960, en communion spirituelle avec son environnement du Sud-Ouest, O'Keeffe peint des compositions abstraites, dont la pureté formelle et la sensualité des tons se font l'écho des travaux de Mark Rothko, Ellsworth Kelly ou Agnes Martin.
    Fruit d'une individualité forte, son oeuvre unique puise ses sources dans la nature. Entre abstraction et figuration, son travail se développe en séries selon un parti pris résolument moderniste. Ses compositions naissent avant tout de son observation du monde. Ce sont d'abord les ciels du Texas, les montagnes de Lake George, les buildings de New York et les fleurs. A partir de 1929, l'artiste choisit de passer ses étés à Santa Fe avant de s'installer définitivement au Nouveau-Mexique en 1949. Elle vit alors en communion intime avec la nature, goûtant la solitude des grands espaces, conduisant sa voiture à travers le désert. Cette expérience lui inspire de nouveaux sujets : architecture vernaculaire, canyons, os, ciels et rivières.
    O'Keeffe fut fortement influencée par la photographie moderne. Pour en rendre compte, l'exposition fera ainsi dialoguer ses peintures avec les images de ses amis photographes et formera, un ensemble total de 80 oeuvres issu de quinze prestigieux musées américains mais également de grandes institutions allemandes, espagnoles et françaises.

empty