Yves Peyré

  • Yves Peyré, écrivain et ami de Francis Bacon, consacre à l'oeuvre et au destin de ce dernier un ouvrage particulièrement complet tant en terme d'analyse que de représentation des peintures.
    Ce livre se compose de sept textes à la fois philosophiques et littéraires, offrant des angles d'attaque différents. Ce sont autant de variations sur le thème de l'apport de l'artiste à l'histoire de son art. Chacune des parties peut s'appréhender pour elle-même ou au contraire se relier aux autres. Le texte est toujours fondé sur des faits précis tout en élargissant considérablement la vision de l'oeuvre par des interprétations fouillées. Cet ensemble inédit constitue un apport indéniablement nouveau à la perception de l'oeuvre et de l'homme.
    Un ouvrage exceptionnel qui s'appuie sur une connaissance sans faille de l'oeuvre et s'enrichit de la proximité de l'auteur avec Francis Bacon lui-même.

  • La réalité de cabinet de curiosités est une constante de l'histoire. Anticipée par l'Antiquité romaine et le Moyen Âge, elle s'incarne sous des formes extrêmement variées au début de la Renaissance. Elle est alors le fait des princes, des érudits ou des congrégations religieuses. Elle rassemble sous une apparence d'encyclopédie théâtralisée les divers domaines de la création, qu'ils soient le fait de la nature elle-même ou de l'action de l'homme. On y croise tout ce qui peut surprendre, on fait face au miroir du monde le plus convaincant. Cette dimension persiste jusqu'à la fin de l'ère classique, les principes changent, on passe ainsi du bric-à-brac à une propension au classement qui anticipe les musées. À l'époque moderne, le goût de l'accumulation ou de la confrontation du divers subsiste par le biais des artistes et des écrivains. Apollinaire et Breton en donnent de merveilleux exemples. Cette dévotion à la différence devenue proximité fascine et envahit désormais l'entier de la maison, le collectionneur rivalisant avec le musée. Principe de l'esprit et manière d'être, le cabinet de curiosités tend à faire de l'inattendu un fait intime. C'est en ce sens qu'il est une réserve sans fond de passion. Sa permanence et son actualité sont des manifestations de sa force, de son besoin de synthèse qui permettent à l'homme de faire sien le multiple du monde.

  • Peinture et poésie, le dialogue par le livre (1874-2000) met en lumière et analyse un phénomène précis, la rencontre de deux expressions avides l'une de l'autre - la peinture et la poésie - au sein d'un même espace, le livre.
    Yves peyré concentre son attention sur la genèse de cette forme, depuis son origine au temps des inventeurs de l'expression poétique et picturale moderne, mallarmé et manet, jusqu'à l'année 2000, dernière année du xxe siècle. il donne ici une étude rigoureuse et un bilan, s'appuyant sur les 126 plus belles réussites du genre en autant d'années. aux livres mêmes (conservés par la bibliothèque littéraire jacques doucet) qui sont en soi une suite de miracles, il ajoute des contrepoints plastiques, susceptibles d'éclairer encore plus le pouvoir d'attraction entre peinture et poésie.
    On assiste à la rencontre captivante des artistes les plus hardis et des poètes les plus téméraires du dernier maillon de notre histoire, de mallarmé/manet à butor/alechinsky, de tzara/arp à du bouchet/tal coat, de cendrars/léger à debord/jorn, de breton/giacometti à leiris/miro, de char/staël à beckett/johns. rien des divers apports, ni de la complexité des différents temps d'une invention, n'est ici passé sous silence.
    Le but étant de laisser le lecteur clairement participer à la jubilation qui s'empare de tout amateur de ces livres, de lui offrir en partage la grâce et l'énergie qu'ils dégagent.

  • L'enfer de Fautrier

    Yves Peyré

    Ce volume considère une étape clef de l'itinéraire de Fautrier, celle de son livre, L'Enfer de Dante, resté à l'état de projet. Réinvention plastique hors mesure, cette tentative était à ce point en avance qu'elle poussa l'éditeur à renoncer à sa publication. Cet empêchement a conféré à l'entreprise, déjà si saisissante au plan artistique, toute sa mythologie. Pour Fautrier l'aventure se prolongea pendant près de vingt ans et ce qui, au départ, ne devait être qu'une illustration devint le creuset de toutes les expériences présentes et à venir dans son oeuvre.
    Quatre textes d'éclaircissement sont relayés par une iconographie, exclusivement en couleurs, qui reproduit la totalité des apports de Fautrier sur ce thème : l'ensemble des lithographies légendaires enfin mises en lumière, les pastels connus qui leur correspondent, comme les gravures qui leur répondent. Sont également reproduites les huiles dont elles émergent et aussi les gouaches et pastels qui les escortent.
    Un tel moment de création est aussi intense que mystérieux, fascinant en vérité, il est ici restitué dans son développement comme dans le risque de ses défis.

  • Jazz : un absolu. C'est le sommet de l'art. C'est un livre. Par le retour ou recours au découpage, par l'affirmation de la couleur dans sa franchise, il est le geste de l'enfant, du jardinier ou du sculpteur, de tous ceux qui ont l'intrépidité de tailler dans la matière. Ce volume est le dépassement de tous les possibles :
    Très au-dessus du livre de peintre, sans commune mesure avec le livre d'artiste, il est un accomplissement qui échappe à la nomenclature.
    Jazz est cette grandeur de la fin d'une oeuvre, qui exige d'être poursuivie jusqu'à son terme, c'est-à-dire très au-delà de son propre éclat, et qui annonce à bien des peintres la voie de leurs lendemains. Il est signé sans ostentation mais également sans refus Henri Matisse.

  • Héritière d'un long et prestigieux passé, la bibliothèque Sainte-Geneviève est célèbre pour ses collections patrimoniales et ses publics multiples, dont le vivant lectorat estudiantin. Fondée, comme l'abbaye, au VIe siècle par Clovis, elle devient très tôt une référence intellectuelle. Lors de sa première apogée, du XIIe au XIVe siècle, elle attire les érudits de son temps. À la fin du XVIe siècle, ses collections sont en partie dispersées. La refondation de 1624 la confirme dans son rôle majeur. Connue de toute l'Europe, elle est épargnée par la Révolution. En 1842, la bibliothèque doit quitter ses espaces séculaires pour un nouveau bâtiment. Henri Labrouste lui consacre alors la première architecture spécifiquement dédiée à l'accueil d'une bibliothèque, elle est inaugurée en 1850. Classée aujourd'hui monument historique, Sainte-Geneviève, qui conserve plus de deux millions de documents, est un signe dans la ville et une heureuse singularité dans le tissu des bibliothèques françaises.
    Yves Peyré nous entraîne à travers l'histoire et les espaces de cette bibliothèque, résolument novatrice et moderne.

  • L'Horizon du sublime est le quatrième essai publié dans cette même collection ciel vague, sur la thématique du rapport entre l'art et la nature. Après Yves Bonnefoy, Michel Butor et Jean Louis Schefer, Yves Peyré propose sa vision de ce rapport fondateur. transversale aux différents langages artistiques. L'auteur revisite la peinture, la poésie, l'architecture et l'espace habité, ou encore la musique en soulignant la présence du paysage et de ses éléments dans ses multiples expressions.
    Du même auteur à Pagine d'Arte:
    L'Enfer de Fautrier, 2011 Plis et déplis, 2011 Matisse, Jazz ou la peinture par le livre, 2012

  • Le tournant des XIXe et XXe siècles marque l'invention d'un art nouveau : la reliure de création ou reliure d'art. La reliure n'est plus une simple pratique artisanale et devient un champ fertile de création au rythme des avant-gardes qui se succèdent et marquent de leur empreinte la scène artistique.

    Du japonisme à l'Art nouveau, de l'Art déco au fonctionnalisme, du surréalisme au constructivisme, jusqu'aux intentions minimales et baroques des années 1980 et aux reformulations d'aujourd'hui, la reliure de création se plie à toutes les expérimentations, et tisse souvent un étonnant parallèle avec l'architecture.

    L'exceptionnelle collection qu'a constituée la Bibliothèque Sainte-Geneviève permet de suivre cet extraordinaire foisonnement. Les plus grands noms de la reliure française, de Marius-Michel à Legrain, de Lucienne Thalheimer à Henri Mercher, de Rose Adler à Sün Evrard, etc., s'y trouvent confrontés aux créateurs qui oeuvrent dans les autres pays, Cobden Sanderson et Van de Velde, Hoffmann et Wiemeler, Lion Cachet et Blazek, ou encore Carmencho Arregui et Mechthild Lobisch.

    La collection de la Bibliothèque Sainte-Geneviève réunit plus de 450 reliures, magnifiquement reproduites dans cet ouvrage.

  • Yves Peyré, poéte et écrivain d'art, nous fait découvrir le travail de l'artiste et de sa poétique à travers un essai et aussi une visite « guidée » à son atelier.
    Le travail de cet artiste s'inscrit dans un choix de minimalisme, du monochrome, "une sorte de radicalisme qui induit une méfiance, voir un rejet de toute narration par l'image". À propos de la dimension spirituelle de l'acte de peindre, l'artiste écrit : "Je crois en effet que le monochrome est par définition, une production physique du sacré".
    Dans l'oeuvre de Loïc Le Groumellec il y a par la présence récurrente de trois éléments : le mégalithe, la maison et la croix.
    Loïc le Groumellec (1957) est né en Bretagne : il vit et travaille à Paris. Groumellec expose régulièrement en France et à l'étranger et son oeuvre a été l'objet d'une vaste bibliographie.
    Le présent livre sort au moment de son exposition au musée de Monaco.

  • À tous égards Marcel Duchamp est remarquable par sa posture, laquelle obéit toujours à une nécessité intérieure. La provocation et la distance ne sont en effet nullement chez lui des effets plaqués, mais l'expression profonde de sa propre personnalité. Son oeuvre est en adéquation parfaite avec cette démarche. Elle tombe dans sa vérité et ne change pas seulement l'histoire de l'art, plus encore, s'il se peut, elle régénère le regard porté sur l'art. Cette cohérence est redevable aux nombreux défis qu'il n'a jamais cessé de se lancer pour les relever avec un brio qui est marqué du sceau de la légèreté. Le sourire ironique comme l'acharnement à réaliser sont les deux versants d'une manière unique de passer. Que ce soit par ses deux oeuvres mythiques, Le Grand Verre et Étant donnés, ou à travers la moindre de ses trouvailles, Duchamp relance le jeu, reculant les limites de l'art et lui assurant, jusque dans la contestation, une probabilité qui ne se discute pas. C'est ce point de rupture et d'équilibre nouveau, paradigme de toute tentative ultérieure de créer et de penser, que cet essai s'efforce de mettre en lumière.

  • Pierre Alechinsky

    Yves Peyré

    • Virgile
    • 5 Novembre 2008

    Alechinsky est peintre, totalement.
    Il est devenu au grand jour ce désir tremblant de sa jeunesse. mais il a espéré plus encore : ne pas perdre l'usage de sa main droite éduquée pour l'écriture. main droite et main gauche, écriture et peinture. d'un bout à l'autre d'un destin, ce serait la main qui courait pour une précision de fougue. il s'agirait avant tout d'attraper, de capter, de surprendre la vérité cachée sous les apparences. alechinsky a la main requise : le peint, l'esquissé, le dessiné, l'écrit, l'imprimé, tout est propice çà la mise en lumière - affiche, mise en pages, illustration de livres, gravure selon tous les possibles.

  • Confins maritimes Nouv.

  • Plis et déplis

    Yves Peyré

    Et le pli continue de sinuer, de s'inscrire comme une ligne superposée à la surface plane, couture qui survient sans réparation de blessure. On songe au geste de froisser ou, à ce qui vaut aussi bien pour l'étoffe que le papier, au mouvement simple de friper. Il est là, figure inaltérable, frisson du rêve, cassure imperceptible. Il sépare et il lie, il relie : il est la trace de la géométrie et du hasard. L'art révèle le pli, l'appelle, le fait apparaître, pour lui-même poursuivre sa course. Le pli est un art, l'art n'échappe pas au pli.

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