Editions De L'olivier

  • Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d'Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l'étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l'intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour.

    Un an plus tard, alors que Marianne s'épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s'acclimate mal à la vie universitaire.

    Un jour, tout est léger, irrésistible?; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent.

    Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer.

    Sally Rooney réussit le tour de force de donner une dimension unique et universelle à cette histoire. Porté par des dialogues saisissants de justesse, Normal People est un roman magistral sur la jeunesse, l'amitié, le sexe, sur les errances affectives et intellectuelles d'une génération qui n'a plus le droit de rêver, mais qui s'entête à espérer.

  • Ils vivent en Suisse, au Japon, à New York, Los Angeles ou Tel-Aviv. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges qu'a priori rien ne rapproche. Et pourtant... Saisis à un moment décisif de leur parcours, les personnages d'Être un homme sont poussés à questionner le sens profond de leur existence. Pour certains, il s'agit de leur judéité. Pour d'autres, des liens familiaux, amoureux ou amicaux qui les unissent. Une aura de mystère les entoure, comme si une présence invisible les accompagnait. Dans ce recueil de nouvelles conçu avec l'ampleur d'un roman, Nicole Krauss fait mouche par la justesse et la poésie de son écriture. Elle tient une place à part dans le paysage littéraire américain et le prouve une fois de plus. Magistralement.

  • Dublin, de nos jours. Frances et Bobbi, deux anciennes amantes devenues amies intimes, se produisent dans la jeune scène artistique irlandaise comme poètes-performeuses. Un soir, lors d'une lecture, elles rencontrent Melissa, une photographe plus âgée qu'elles, mariée à Nick, un acteur. Ensemble, ils discutent, refont le monde, critiquent le capitalisme comme les personnages de Joyce pouvaient, en leur temps, critiquer la religion. Ils font des photographies, ils écrivent, ils vivent. C'est le début d'une histoire d'amitié, d'une histoire de séduction menant à un « mariage à quatre » où la confusion des sentiments fait rage : quand Frances tombe follement amoureuse de Nick et vit avec lui une liaison torride, elle menace soudainement l'équilibre global de leur amitié.

    Mais Conversations entre amis n'est pas qu'une banale histoire d'adultère : c'est avant tout le portrait attachant, empathique, des jeunes gens contemporains, ces millenials qui ne parviennent pas à trouver leur place dans le monde que leur ont laissé leurs aînés. La voix de Frances, poétique, désinvolte, parfois naïve, d'une extraordinaire fraîcheur est, par de multiples aspects, celle de sa génération.

  • «Quand la connexion s'établit, tout est relié et converge vers un moment d'émotion partagée, vers une affinité créatrice qui arrime chaque personne à un présent vécu comme une expérience collective. » Printemps 2020 : alors que la crise du Covid-19 impose au monde de se calfeutrer et prive de scène des milliers d'artistes, Kae Tempest nous livre une réflexion toute personnelle sur la créativité et ce qui la nourrit. À l'heure où les réseaux sociaux nous poussent à la représentation perpétuelle, où l'apathie nous gagne au point de nous faire oublier qui nous sommes, Tempest crie l'urgence de nous reconnecter. À nous-mêmes, aux autres, à la réalité, pour que jaillisse l'étincelle vitale de la création. On retrouve dans ce texte tout ce qui fait sa force : une voix qui porte, cogne parfois, et une grâce hors du temps.

  • À quarante-trois ans, Barry Cohen, New-Yorkais survolté à la tête d'un fonds spéculatif de 2,4 milliards de dollars est au bord du précipice. Sous le coup d'une enquête de la Commission boursière, accablé par la découverte de l'autisme de son jeune fils, il prend une décision aussi subite qu'inattendue et embarque dans un car Greyhound. Destination : le Nouveau-Mexique où demeure celle qui fut jadis son premier amour, et avec qui il imagine pouvoir refaire sa vie. Une vie plus simple, plus saine, plus heureuse. Commence alors une folle traversée du continent. D'est en ouest, de highways en freeways, Barry découvre une autre Amérique : celle des pauvres, des marginaux, des déclassés. Pendant que sa femme, Seema, entame une liaison avec un romancier, Barry fonce vers une improbable rédemption.

    Sans se départir de son humour loufoque, Gary Shteyngart dresse le portrait d'une Amérique déboussolée, à la veille de l'élection de Donald Trump, et nous entraîne dans un road-trip qui tient plus des montagnes russes que du voyage d'agrément.

  • L'action se passe il y a un siècle et demi, au lendemain de la guerre entre le Mexique et les Etats-Unis, dans l'implacable décor de la Sierra Madre, des déserts du Texas au rivage du Pacifique.
    Au centre du livre, un jeune garçon de quatorze ans, dit le Gamin. Après avoir fui la hutte paternelle au Tennessee, il s'enrôle dans une bande d'irréguliers, payés au scalp, qui traquent l'Indien pour le comte du gouverneur de l'Etat mexicain du Chihuahua.
    Cette bande de soldats de fortune qui pillent, brûlent et tuent, a pour chefs le capitaine Glanton et son second, appelé le Juge, géant surhumain au savoir encyclopédique.
    Arrivée au Colorado, la bande est décimée par les survivants d'Indiens yumas. Un long affrontement commence entre le Juge et le Gamin, et la poursuite engagée au pied des dunes de la Vallée de la Mort trouve son grotesque et tragique épilogue, une vingtaine d'années plus tard, dans le bordel d'une bourgade texane.
    " Un western métaphysique, une équipée nihiliste au terme de laquelle rien n'est révélé, où l'on massacre pour cent dollars le scalp, où l'on ne récolte qu'un collier d'oreilles séchées.
    Le livre contient des scènes fantastiques et grotesques, certaines inoubliables et incroyablement culottées. " Philippe Garnier, les Inrockuptibles.
    Publié une première fois en France en 1988, ce livre admirable, sur lequel plane l'ombre d'Edgar Allan Poe, contient déjà en germe ce qui sera plus tard La Trilogie des confins.

  • De quoi parlent les histoires d'Alice Munro ?

    De baisers donnés.

    De meubles encombrants dont on ne parvient pas à se séparer.

    De trahisons nécessaires.

    De mots d'adieu.

    De femmes déchirées entre la passion et la vie domestique, le désir d'être libre et la bonne éducation.

    Neuf histoires d'amour, en somme

  • Quelle différence y a-t-il entre une jeune paysanne grecque fuyant Smyrne incendiée par les Turcs en 1922, et une lolita américaine qui découvre, à l'âge de quinze ans, qu'elle est aussi un garçon ? Deux générations.
    C'est en effet ce qui sépare Desdemona et Cal, la grand-mère et la petite-fille. C'est aussi la durée dans laquelle s'inscrit cette extraordinaire saga gréco-américaine. Mi-épopée (à la troisième personne), mi-roman d'apprentissage (à la première), ce livre est un hybride. Tout comme son héros/héroïne, qui connaît la joie - et la douleur - d'appartenir aux deux sexes, avant d'opter définitivement pour celui qui lui convient.
    Des collines d'Asie Mineure aux villas cossues de Grosse Pointe, du fracas des canonnières dans le Bosphore aux explosions des grenades lacrymogènes dans les rues de Detroit, du ragtime au rock'n'roll, un demi-siècle d'Histoire se déroule sous nos yeux. Pour aboutir à ce conte de fées moderne la transformation d'une teenager en un personnage mythologique. Dix ans après Virgin Suicides, Jeffrey Eugenides est de retour avec ce livre qui transcende tous les genres : c'est une idylle, une comédie postmoderne, une histoire de la littérature, un récit érotique, une confession, une élégie.
    Bref, un roman irrésistible.

  • Université de Harvard, 1995. Selin, une jeune Américaine d'origine turque, entame des études de lettres et de langues. Selin se sent à part. Elle ne maîtrise pas les codes, sa gaucherie lui fait honte et ses amours avec Ivan, un étudiant en mathématiques hongrois, sont rapidement déçues. Pétrie d'illusions, elle envisage sa vie au miroir de la littérature, en particulier les romans russes, dont elle raffole. Don Quichotte des temps modernes, Selin comprend peu à peu que la réalité ne ressemble pas à ce qu'en disent ses livres favoris.

    Au terme de ce magnifique roman d'apprentissage plein d'humour et d'autodérision, une jeune femme trouve sa voix dans l'écriture, unique manière raisonnable, selon l'auteur, de supporter le monde réel.

  • C'est l'été 1938 en Europe centrale. Et comme chaque année ils sont là, sur la rive, en villégiature.

    Il y a Rosa Klein, qui lit dans les lignes de la main. Mais peut-on se fier à ses prédictions ? Et Karl Koenig, l'écrivain. Pourquoi fréquente-t-il les autres vacanciers au lieu de consacrer toute son énergie au roman qu'il est en train d'écrire ? Qui sont vraiment « l'homme à la jambe coupée » et la jeune femme amoureuse que tous les Juifs appellent par l'initiale de son prénom ? Et le père et la mère d'Erwin, l'enfant si sensible à l'anxiété de ceux qui l'entourent ?

    Dans ce roman magistral publié quelques années avant sa mort, Aharon Appelfeld tisse les questions intimes, littéraires et métaphysiques qui l'ont accompagné toute sa vie. Sous sa plume, ces dernières vacances avant la guerre sont le moment où l'humanité se dévoile dans ses nuances les plus infimes, à l'approche de la catastrophe que tous redoutent sans parvenir à l'envisager.

  • Theo Kornfeld a vingt ans lorsqu'il quitte le camp de concentration que ses gardiens viennent d'abandonner à l'approche des Russes. Il n'a qu'un seul but : retrouver la maison familiale.
    Errant sur les chemins, blessés au plus profond d'eux-mêmes, les déportés qu'il croise lui rappellent l'horreur à laquelle il a survécu, tandis que d'autres figures émergent de son passé. Celle de sa mère, Yetty, une femme à la beauté exceptionnelle, au caractère fantasque, qui aimait les églises, les monastères et l'oeuvre de Bach. Celle de Martin, un père trop discret que Theo va apprendre à mieux connaître à travers une autre rencontre.

    Des jours d'une stupéfiante clarté raconte son voyage à travers les paysages d'Europe Centrale baignés de lumière. Chaque pas, chaque être croisé, suscite en Théo d'innombrables questions. Comment vivre après la catastrophe ? Comment concilier passé et présent, solitude et solidarité ?
    Comment retrouver sa part d'humanité ?
    Par-delà le fracas de l'Histoire, ce livre admirable est le récit d'une résurrection.

  • Une jeune femme, blonde depuis peu, entre au Londres-Louxor. Dans cet ancien cinéma des années 20 se retrouve la diaspora bosniaque de Paris. On y parle peu de la guerre, davantage d'affaires, et beaucoup des soeurs Vitch : Ariana et Esme. En 1992, sur l'injonction parentale, elles ont rejoint un oncle installé à Paris depuis plusieurs années. Quinze ans plus tard, Ariana est comptable, Esme est écrivain. L'une séduit les hommes, l'autre les comprend. Elles font partie des habitués du Londres-Louxor, mais, ces derniers temps, on y croise surtout Esme, à la recherche de son aînée partie sans explications. Cette disparition émeut la communauté entière et pousse chacun à abattre ses cartes dans un jeu déroutant : l'évocation d'un pays d'origine dont l'histoire s'est éparpillée au fil de versions multiples ou dégradées, de fragments et de mythes.

  • Aharon Appelfeld a dix ans lorsqu'il s'évade du camp de concentration. Il se réfugie dans la forêt, survit grâce aux marginaux voleurs, vagabonds, prostituées qui le protègent. Nous sommes en Roumanie, à la frontière de l'Ukraine, en 1942.
    À la fin de la guerre, après plusieurs années d'errance, Aharon Appelfeld s'embarque pour la Palestine. Sa solitude est totale, son désarroi absolu. Quelques grands aînés lui ouvrent le chemin. Grâce à Gershom Scholem, il comprend qu'il est porteur d'un héritage, celui du judaïsme européen, et que son refus équivaudrait à un suicide. Grâce à Max Brod, il découvre Kafka : une écriture sèche, débarrassée du « kitsch allemand » ; et surtout une description rigoureuse de ce qu'il a vécu, lui, pendant la guerre, et qu'il ne peut formuler avec des mots.
    Aharon Appelfeld deviendra l'un des plus grands écrivains juifs de notre temps. Pourtant, il récuse avec énergie le statut d'« écrivain de la Shoah » dont on a voulu l'affubler. Il n'a jamais voulu être un chroniqueur. Il lui a fallu en effet se forger une langue et créer un monde bien à lui pour accéder à la vérité intérieure qui est l'objet même de sa recherche. Une langue péniblement arrachée au silence, puis au bégaiement, nourrie du yiddish qu'il apprend tardivement cette « langue sacrée » que parlaient ses grands-parents, et qu'il n'avait pas le droit d'utiliser à la maison, lorsqu'il était enfant.

    À la fin des années 80, Philip Roth découvre cette oeuvre avec émerveillement. Il comprend qu'il est en présence d'un écrivain exceptionnel, proche de Kafka et de Bruno Schulz par sa puissance et sa singularité, et fait de lui l'un des personnages de son roman, Opération Shylock.
    En France, Pierre Belfond, puis les Éditions Gallimard ont tenté dans le passé de l'imposer, sans y parvenir. Si nous reprenons aujourd'hui le fil de ce travail interrompu, c'est parce que nous sommes convaincus que l'oeuvre d'Aharon Appelfeld est, enfin, devenue audible. C'est nous qui n'étions pas prêts à recevoir ces livres empreints d'une terrible douceur, et qui nous parlent, comme on murmure à l'oreille, d'un monde qui n'a jamais cessé d'être présent.

    Quatre ouvrages paraissent simultanément : deux de ses plus beaux romans, Le Temps des prodiges et Tsili, dans la collection « Points » au Seuil. Et deux inédits, Histoire d'une vie et L'Amour, soudain aux Éditions de l'Olivier Dans Histoire d'une vie, Aharon Appelfeld nous livre des fragments qui sont autant de clefs pour la compréhension de son oeuvre : souvenirs de sa petite enfance à Czernowitz, en Bucovine. Portraits de ses parents, des juifs assimilés, et de ses grands-parents, un couple de paysans dont la spiritualité simple le marque à jamais. Puis des scènes brèves, d'une violence inouïe, visions arrachées au cauchemar de la déportation et de l'extermination. Vient ensuite l'arrivée en Israël, et l'élaboration progressive de son oeuvre.
    L'Amour, soudain est un roman d'amour qui met en scène un écrivain vieillissant et malade et une jeune fille inculte est une confrontation permanente entre le proche et le lointain, l'identification et la distanciation, la vie quotidienne et la métaphysique. À l'arrière-plan de cette idylle entre le vieil homme et l'orpheline qui prend soin de lui comme d'un bébé, c'est toute la vie de l'auteur qui se déroule en accéléré, traversée par le thème de la politique, et particulièrement du communisme. Pourtant, cette méditation sur l'Histoire n'est là que pour nous ramener au coeur même de l'oeuvre d'Aharon Appelfeld, dans une confrontation avec cette présence divine que connaissaient les « Juifs Célestes » des Carpates dont il sait si bien nous parler.

  • Will marche dans Clapham Road. Il doit absolument se procurer sa dose quotidienne d'héroïne avant d'aller travailler. Et il n'a que 57 pence en poche. Nous sommes à Londres, le 6 mai 1986.

    Ainsi commence cet extraordinaire récit autobiographique, qui relate cinq moments clés de la vie de son auteur. Car Will, c'est Will Self, éternel enfant terrible d'une littérature britannique qu'il ne cesse de perturber depuis son premier roman, Vice-Versa, jusqu'à sa trilogie «?moderniste?», Parapluie, Requin, Phone.

    Qu'est-ce qui pousse cet écrivain, l'un des plus doués de sa génération, à revisiter sa jeunesse?? La nostalgie?? Certainement pas. La honte d'avoir été un junky?? C'est peu probable. À l'instar de Joyce écrivant l'admirable Portrait de l'artiste en jeune homme, Will Self revient à la source même de son oeuvre : la crise existentielle d'où jailliront plus tard des romans pleins d'une énergie sauvage.

    Brillant, comique, émouvant, ce livre est un feu d'artifice littéraire unique en son genre.

  • Et si les enfants ne naissaient que pour corriger les erreurs de leurs parents ? Nos vies familiales ressembleraient alors à des copies surchargées de ratures et de remarques - " faux ", " mal dit ", " à revoir " -, ponctuées de points d'exclamation ou d'interrogation.
    Dans le livre de Jonathan Franzen, la famille s'appelle Lambert, mais c'est de l'Amérique qu'il s'agit, de sa manière de vivre, de ses idéaux : un continent entier en train de sombrer doucement dans la folie.
    Alfred, Enid, et leurs trois enfants - Gary, Chip et Denise - sont les cinq héros de ce roman-fleuve où défilent toutes nos contradictions : le besoin d'aimer et la guerre conjugale, le sens de la justice et l'obsession des stock-options, le goût du bonheur et l'abus des médicaments, le patriarcat et la révolte des fils, la libération des femmes et la culpabilité de tous.
    C'est cela, Les Corrections : une " tragédie américaine " dont la puissance balaye tout sur son passage.
    Mais aussi une comédie irrésistible, un humour qui s'autorise à rire de tout, une férocité sans limites Et le sens aigu de notre appartenance à la communauté humaine.

  • « L'oeuvre de Roberto Bolaño est un monde unique dans lequel le lecteur est irrémédiablement happé. Y règnent un humour mordant, une insatiable quête de liberté, un souffle romanesque décalé. » Pierre Ducrozet, Le Monde.

    Oeuvres complètes IV :
    Un petit roman lumpen.
    Nocturne du Chili.
    Tombes de cow-boys.
    Le Gaucho insupportable.

    Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio et Jean-Marie Saint-Lu.

  • « Des millions de gens vont mourir à cause du réchauffement climatique. Des centaines de millions de gens vont devenir des réfugiés climatiques. Ces chiffres comptent, parce que ce ne sont pas seulement des chiffres - il s'agit d'individus, avec chacun une famille, des habitudes, des phobies, des allergies, des aliments préférés, des rêves récurrents, une chanson qui lui est restée dans la tête, des empreintes uniques et un rire particulier. [...] Il est difficile de prendre en charge des millions de vies. Mais il est impossible de ne pas prendre soin d'une seule. Cependant, peut-être n'avons-nous pas besoin de nous soucier de ces millions de gens. Il nous suffit de les sauver ».

    Après l'immense succès de Faut-il manger les animaux ?, Jonathan Safran Foer revient à la charge : l'élevage intensif des animaux est responsable du dérèglement climatique. L'extinction de la planète aura lieu parce que nous mangeons trop de viande. Avec empathie, avec humour, l'auteur analyse les défis auxquels nous devons faire face. Parce qu'il n'est pas trop tard pour inverser la tendance. Et que l'avenir de la planète commence maintenant, dans notre assiette.

  • "Toute vie est un processus de démolition", écrivait Scott Fitzgerald. James Salter semble lui donner raison avec ce roman cruel et subtil.
    Nedra est belle, assurée, et sait donner aux gestes quotidiens une sorte d'élégance. Viri est architecte. Il rêve d'accomplir une oeuvre qui lui survivra, et dévore les biographies d'hommes illustres.Ils habitent une vieille demeure non loin de New York, ils s'aiment. Peut-être sont-ils moins heureux qu'ils ne le disent.
    Quand le temps aura fait son oeuvre, il ne restera plus, des amours de Nedra et Viri, que des ruines et des regrets.

  • Aharon Appelfeld a dix ans lorsqu'il s'évade du camp de concentration. Il se réfugie dans la forêt, survit grâce aux marginaux voleurs, vagabonds, prostituées qui le protègent. Nous sommes en Roumanie, à la frontière de l'Ukraine, en 1942.
    À la fin de la guerre, après plusieurs années d'errance, Aharon Appelfeld s'embarque pour la Palestine. Sa solitude est totale, son désarroi absolu. Quelques grands aînés lui ouvrent le chemin. Grâce à Gershom Scholem, il comprend qu'il est porteur d'un héritage, celui du judaïsme européen, et que son refus équivaudrait à un suicide. Grâce à Max Brod, il découvre Kafka : une écriture sèche, débarrassée du « kitsch allemand » ; et surtout une description rigoureuse de ce qu'il a vécu, lui, pendant la guerre, et qu'il ne peut formuler avec des mots.
    Aharon Appelfeld deviendra l'un des plus grands écrivains juifs de notre temps. Pourtant, il récuse avec énergie le statut d'« écrivain de la Shoah » dont on a voulu l'affubler. Il n'a jamais voulu être un chroniqueur. Il lui a fallu en effet se forger une langue et créer un monde bien à lui pour accéder à la vérité intérieure qui est l'objet même de sa recherche. Une langue péniblement arrachée au silence, puis au bégaiement, nourrie du yiddish qu'il apprend tardivement cette « langue sacrée » que parlaient ses grands-parents, et qu'il n'avait pas le droit d'utiliser à la maison, lorsqu'il était enfant.

    À la fin des années 80, Philip Roth découvre cette oeuvre avec émerveillement. Il comprend qu'il est en présence d'un écrivain exceptionnel, proche de Kafka et de Bruno Schulz par sa puissance et sa singularité, et fait de lui l'un des personnages de son roman, Opération Shylock.
    En France, Pierre Belfond, puis les Éditions Gallimard ont tenté dans le passé de l'imposer, sans y parvenir. Si nous reprenons aujourd'hui le fil de ce travail interrompu, c'est parce que nous sommes convaincus que l'oeuvre d'Aharon Appelfeld est, enfin, devenue audible. C'est nous qui n'étions pas prêts à recevoir ces livres empreints d'une terrible douceur, et qui nous parlent, comme on murmure à l'oreille, d'un monde qui n'a jamais cessé d'être présent.

    Quatre ouvrages paraissent simultanément : deux de ses plus beaux romans, Le Temps des prodiges et Tsili, dans la collection « Points » au Seuil. Et deux inédits, Histoire d'une vie et L'Amour, soudain aux Éditions de l'Olivier Dans Histoire d'une vie, Aharon Appelfeld nous livre des fragments qui sont autant de clefs pour la compréhension de son oeuvre : souvenirs de sa petite enfance à Czernowitz, en Bucovine. Portraits de ses parents, des juifs assimilés, et de ses grands-parents, un couple de paysans dont la spiritualité simple le marque à jamais. Puis des scènes brèves, d'une violence inouïe, visions arrachées au cauchemar de la déportation et de l'extermination. Vient ensuite l'arrivée en Israël, et l'élaboration progressive de son oeuvre.
    L'Amour, soudain est un roman d'amour qui met en scène un écrivain vieillissant et malade et une jeune fille inculte est une confrontation permanente entre le proche et le lointain, l'identification et la distanciation, la vie quotidienne et la métaphysique. À l'arrière-plan de cette idylle entre le vieil homme et l'orpheline qui prend soin de lui comme d'un bébé, c'est toute la vie de l'auteur qui se déroule en accéléré, traversée par le thème de la politique, et particulièrement du communisme. Pourtant, cette méditation sur l'Histoire n'est là que pour nous ramener au coeur même de l'oeuvre d'Aharon Appelfeld, dans une confrontation avec cette présence divine que connaissaient les « Juifs Célestes » des Carpates dont il sait si bien nous parler.

  • Patty, Walter et Richard , ou Les chemins de la liberté.
    Patty a décidé une fois pour toutes d'être la femme idéale. Mère parfaite, épouse aimante et dévouée, cette ex-basketteuse ayant un faible pour les bad boys a fait, en l'épousant, le bonheur de Walter Berglund, de St. Paul (Minnesota). A eux deux, ils forment le couple " bobo " par excellence. En devenant madame Berglund, Patty a renoncé à bien des choses, et d'abord à son amour de jeunesse, Richard Katz, un rocker dylanien qui se trouve être aussi le meilleur ami de Walter. Freedom raconte l'histoire de ce trio, et capture le climat émotionnel, politique et moral des Etats-Unis de ces 30 dernières années, dans une tragi-comédie d'une incroyable virtuosité. Comment vivre ? Comment s'orienter dans une époque qui semble devenue folle ? Jonathan Franzen relève le défi et tente de répondre à cette question, avec cette histoire d'un mariage d'une implacable cruauté.

  • Nous sommes à Great Falls, Montana, en 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents commettent un hold-up, avec le fol espoir de rembourser ainsi un créancier menaçant. Mais le braquage échoue, les parents sont arrêtés, et Dell a désormais le choix entre la fuite ou le placement dans un orphelinat. Il choisit de fuir, passe la frontière du Canada et se retrouve dans le Saskatchewan. Il est alors recueilli par un homme, Remlinger, qui fait de lui son apprenti et son factotum. Remlinger est un " libertarien ", adepte de la liberté individuelle intégrale, qui vit selon sa propre loi en organisant des chasses. Canada est le récit de ces années d'apprentissage au sein d'une nature magnifique, parmi des hommes pour qui seule compte la force brutale, comme le montre l'épisode final, d'une incroyable violence. Des années plus tard, Dell, qui est devenu professeur à l'Université, se souvient de ces années qui l'ont marqué à jamais.
    Qualifié de " page-turner " par le NY Times, ce roman d'une puissance et d'une beauté exceptionnelles rappellera aux lecteurs de Richard Ford le premier de ses livres publié à l'Olivier en 1991, Une saison ardente. Il marque le retour sur la scène littéraire d'un des plus grands écrivains américains contemporains.

  • Jules Epstein a disparu. Après avoir liquidé tous ses biens, ce riche new-yorkais est retrouvé à Tel-Aviv, avant qu'on perde à nouveau sa trace dans le désert. L'homme étrange qu'il a rencontré, et qui l'a convié à une réunion des descendants du roi David, y serait-il pour quelque chose ?

    A l'histoire d'Epstein répond celle de Nicole, une écrivaine américaine qui affronter le naufrage de son mariage. Elle entreprend un voyage à Tel-Aviv, avec l'étrange pressentiment qu'elle y trouvera la réponse aux questions qui la hantent. Jusqu'au jour où un étrange professeur de littérature lui confie une mission d'un ordre un peu spécial...

    Avec une grande maîtrise romanesque, Nicole Krauss explore les thématiques de l'accomplissement de soi, des métamorphoses intimes, et nous convie à un voyage où la réalité n'est jamais certaine, et où le fantastique est toujours à l'affût.

  • Pour Russell et Corrine Calloway, la vie new-yorkaise est un rêve : lancements de livres, vernissages et sorties dans la haute société se succèdent ; ils ont des métiers qu'ils adorent, une vie de famille parfaite, un loft à TriBeCa et passent leurs vacances dans les Hamptons.
    Mais tout cela a un revers : Russell, éditeur indépendant, peine à faire fonctionner sa maison. Corrine, quant à elle, se consacre à aider les plus démunis que compte cette ville incroyablement riche.
    Leur vie de couple est subitement mise à l'épreuve quand Russell se lance à corps perdu dans la publication d'un roman dont il veut faire un succès, tandis que Corrine retrouve Luke, l'homme avec qui elle avait eu une liaison au lendemain du 11-Septembre...
    Les Jours enfuis est le plus « salterien » des romans de Jay McInerney.
    Car les héros ont vieilli. La folle énergie des années 90, le cynisme des années 2000 ont cédé la place à une forme de nostalgie. On retrouve dans Les Jours enfuis tout ce qui fait de Jay McInerney un des écrivains les plus brillants de sa génération : l'humour, la légèreté, l'élégance, et cet art de croquer avec férocité la comédie sociale.

  • Un "grand" AppelfeldErwin a 17 ans lorsque - au sortir au sortir de la guerre - il se retrouve après une longue errance en Europe sur la côte de Naples au coeur d'un groupe de réfugiés apatrides. Il a tout perdu : père, mère, langue, environnement familier... et émerge peu à peu du sommeil auquel il a recours pour faire revivre tout un pan de sa vie anéanti. Enrôlé, avec d'autres jeunes gens de son âge, par un émissaire de l'Agence juive, il se prête à l'apprentissage intensif de l'hébreu et à l'entraînement physique, quasi-militaire, que celui-ci leur impose chaque jour pour les préparer à une nouvelle vie dans l'Etat d'Israël sur le point de naître.Vient le temps de la traversée en bateau sur une mer déchaînée, de l'immigration clandestine (la Palestine est encore sous mandat britannique) et de l'arrivée dans les montagnes de Judée où les jeunes pionniers sont affectés à la construction de terrasses agricoles. Erwin, comme tous ses camarades, accepte de changer de prénom et s'appelle désormais Aharon.Lorsque la guerre d'Indépendance éclate, les jeunes pionniers sont affectés à des missions militaires. Erwin-Aharon, blessé au cours de l'une d'elle, restera de longs mois paralysé dans une maison de repos, subissant opération sur opération. C'est là qu'il renoue avec le sommeil et le passé. Il craint de trahir les siens en adoptant une nouvelle langue et un nouveau pays et seuls ses échanges avec un médecin et ses discussions avec de vieux pionniers blessés l'aident à surmonter le sentiment de culpabilité qu'il le hante. Peu à peu, une décision s'impose à lui : celle de mettre ses pas dans ceux de son père disparu, et devenir l'écrivain que celui-ci rêvait d'être.Si dans chacun des romans d'Aharon Appelfeld on peut déceler un élément autobiographique, celui-ci est clairement une tentative de relier l'imaginaire et le vécu à travers l'insertion des noms de ses parents, ses grands-parents, et de son propre nom bien sûr, mais aussi d'extraits de poèmes ou de prose de ses jeunes années.

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