• Bravoure

    Emmanuel Carrère

    Au début de l'été 1816 - un été pourri -, le hasard réunit au bord du lac de Genève Lord Byron, son médecin Polidori, Percy Bysshe Shelley et sa femme Mary. Pour divertir la compagnie, Byron proposa que chacun écrivît un récit terrifiant. Ce pari, une série de conversations nocturnes et un cauchemar inspirèrent à Mary Shelley son roman Frankenstein.
    Cette anecdote d'histoire littéraire, et un jeu de société dont les règles se trouvent exposées à la page 130, forment le point de départ de Bravoure. Pour connaître le point d'arrivée, le mieux est encore de retourner le livre et de commencer à la première page.

  • Que penser de Cronos dévorant ses enfants ? D'Athéna sortie de la tête de Zeus ou de Persée décapitant la Méduse ? se demande d'emblée Walter F. Otto. L'invraisemblance de ces mythes tend à maintenir une distance avec ce qu'ils entendent illustrer. Pourtant, le mythe est constitutif de notre être, il gît dans l'ombre quand la raison se déploie dans la lumière, comme le jour cède à la nuit. Il est aussi un garant de la poésie. Que l'on songe à Dante, Homère ou Goethe. Dynamique, le mythe apparaît créateur et appelle l'action. Avec passion, Otto révèle son essence et, par là, nous invite à comprendre ce qui, fondamentalement, nous anime, voire nous enthousiasme, au sens propre.

    Le philosophe et historien des religions Walter Friedrich Otto (1874-1958) est l'auteur de deux chefs-d'oeuvre, Les Dieux de la Grèce (1929) et Dionysos, le mythe et le culte (1933). Aux côtés de Karl Reinhardt, il est l'une des grandes figures de la philologie allemande. Son approche originale du paganisme et des mythes a permis de renouveler la connaissance de la civilisation grecque.

  • Le rêve éveillé existe sous de multiples modes, dans des contextes très divers. Dans tous les cas, il s'agit d'une production de l'imaginaire. En ce qui concerne le rêve éveillé en psychanalyse, cette production constitue un moment particulier et théorique de la psychanalyse. Comment le rêve éveillé s'articule-t-il avec cet ensemble, et aurait-il une incidence sur lui, y compris sur le plan conceptuel ? Comment entendre du côté de l'inconscient, ce qui est produit du côté de l'imaginaire ? C'est une des questions soulevées ici, qui est examinée en relation avec un certain nombre de concepts analytiques (transfert, interprétation, régression, etc.). Il n'est pas à mettre en doute que le rêve éveillé apporte un supplément d'imaginaire au processus analytique, mais ne fraye-t-il pas aussi un chemin original dans le champ de la psychanalyse ? Le rêve éveillé serait-il un événement survenant de façon réitérée dans le cours d'une analyse, et un lieu d'où les paysages de celle-ci prennent un éclairage inhabituel, plus particulièrement dans les rapports entre l'inconscient et l'imaginaire ?

  • Un démon ou un ange hante ou féconde le Panthéon de la périnatalité. Aucun spécialiste, aucun parent ne peut échapper, nous assure-t-on, à sa rencontre. Le bébé imaginaire est une des terres promises de la grossesse, et ses charmes - est-ce une fée ou une sorcière ? - sont absolus. Mais qu'est-il donc cet enfant tout droit issu des imaginaires parentaux ? Quelle énigme soutient-il et quel manque vient-il combler ? Quelles peurs est-il censé exorciser et pour combien de temps ? Nous voudrions ici dire la richesse, la luxuriance même de ce concept, mais aussi ses insuffisances et ses avatars. Caressons donc le soyeux éphémère de ce bébé imaginaire, qui est toujours en avance d'une vie, et qui nous emporte, grand baratineur devant l'Éternel, dans de sacrées histoires.

empty