• « La Cousine Bette est singulière dans la carrière littéraire de Balzac. Sa publication a été accueillie par un succès comme le romancier en avait peu connu. Certes, nombre de ses romans avaient reçu un accueil chaleureux (La Peau de chagrin, Eugénie Grandet), mais il s'agissait en 1846 d'un public nouveau, élargi, celui du feuilleton-roman qu'il n'avait pu encore vraiment conquérir. Le succès de ce roman se poursuit dans la seconde moitié du siècle, et il sera souvent réédité de manière séparée. La question de la manière dont il a été lu, dont il peut l'être encore, est donc centrale et nous servira de guide. Il n'est pas vraiment conforme à l'image que le lecteur actuel se fait du roman "balzacien", image faite de traits stéréotypés mais attestés : longues descriptions, digressions didactiques nombreuses, rythme statique puis dénouement rapide. Un rythme tendu s'impose d'emblée, les mécanismes du drame se mettent en marche implacablement, tout en générant sans cesse des retournements de situation, des accroissements de noirceur et de malheur, en même temps que des situations comiques ou grotesques. » Joëlle Gleize.

  • Un essai étude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'oeuvre : approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse.

    Un dossier bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents.
    Un ouvrage efficace, élégant. une nouvelle manière de lire.

  • nouvelle présentation
    s'il ne prétend pas rendre compte de la totalité des interprétations suscitées par l'oeuvre de balzac, ce livre veut néanmoins présenter les plus significatifs des écrits et travaux qui, par leur dialogue et leurs contradictions, ont construit et parfois infléchi sa lecture.
    le volume s'ouvre sur les lectures pionnières d'écrivains (baudelaire, zola, proust, butor), puis étudie la façon dont on a appréhendé la visée totalisante de balzac et dont l'institution scolaire a privilégié certains romans (eugénie grandet, le père goriot). l'exposé des différentes approches critiques à travers lesquelles le xxe siècle a lu balzac est suivi de la présentation de quelques débats et directions de recherche actuelles. enfin un guide bibliographique regroupe les principaux travaux de la recherche sur balzac.
    joëlle gleize est maître de conférences à l'université d'aix-marseille i.

    les balzac des écrivains. l'arbre et la forêt. lectures en perspectives. questions critiques. guide bibliographique. chronologie de la vie et l'oeuvre de balzac;

  • Passion de voir et passion de donner à voir. Par la médiation du travail sur la langue ou par la médiation d'images, en littérature comme dans les arts visuels, Claude Simon retient tout ce qui donne forme à une vision singulière, une vision conçue comme une oeuvre plastique qui se saisirait dans l'instantanéité, en quête d'un équilibre tout en contrastes et en ressemblances. Son regard avide se conjugue avec la mémoire pour nourrir l'écriture d'images multiples : celles que donnent à "voir" les descriptions, celles dont parfois elles se nourrissent, images réelles, mémorielles ou travaillées par l'imaginaire, sans compter toutes celles que font lever comparaisons et métaphores. Cette passion de voir nourrit également une activité de créateur d'images visuelles : photographies, dessins, collages.

    Ce volume réunit un ensemble d'études qui propose de faire dialoguer ces deux versants de la création chez celui qui, à propos de son oeuvre, disait indifféremment "mes livres" et "mon art".

    Ont participé à ce numéro :

    Irene ALBERS, Barbara BASTING, Vincent BERNE, Martine CRÉAC'H, Aurélien D'AVOUT, Alain DUPOUY, Claud DUVERLIE, Christine GENIN, Aymeric GLACET, Joëlle GLEIZE, Laura LABORIE, Mélanie LENEVEU, Pascal MOUGIN, Christophe PRADEAU, Denis ROCHE, Sylvain ROUMETTE, Dominique VlART, Cécile YAPAUDJI.AN-L.M5AT, David ZEMMOUR.

  • Autodidacte, amateur : tels sont les termes par lesquels Claude Simon aime à se qualifier. Modestie ? Sans doute. Mais surtout proclamation forte d'un principe d'incertitude : "Comment savoir ?" Contre les certitudes assénées, Claude Simon fait profession de foi dans le bricolage, le cheminement pas à pas, et oppose le savoir-faire au savoir théorique.

    Loin de la littérature savante, ses compositions pourtant si élaborées, ses phrases qui enserrent dans leurs plis tant de souvenirs de lectures et d'expériences, cherchent d'abord à faire voir et ressentir, à dire au plus juste le travail de la mémoire et les infinies virtualités du langage.

    Ce volume affronte ces paradoxes sources de tant de malentendus sous deux angles différents. Dans l'enseignement, comment transmettre le plaisir de lire cet écrivain aussi reconnu que méconnu ? Dans l'oeuvre, quelle relation complexe Claude Simon entretient-il avec la connaissance, de quels effets de savoir (historique, linguistique, anthropologique) ses livres sont-ils porteurs ?

    Ont participé à ce numéro :

    Cecilia BENAGLIA, Vincent BERNE, Michel BERTRAND, Alastair B. DUNCAN, Jan DVORAK. Ian DE TOFFOLI, Marc EVEN, Christine GENIN, Anne Claire GIGNOUX, Joëlle GLEIZE, Andrea GOULET, Christian JOUVENOT, Olivier KAHN, Joanna KOTOWSKA, Wolfram NITSCH, Anthony C. PUGH, Julien PRAZ, Yves RAVEY, Brice THALIEN, Megan WIGHTMAN, Cécile YAPAUDJIAN-LABAT, David ZEMMOUR.

  • La « Bibliothèque de la Pléiade » tient une place tout à fait singulière dans le panorama français de l'édition.
    « Musée imaginaire », au sens où l'entendait André Malraux, elle est un lieu de métamorphose des grandes oeuvres du présent et du passé et elle contribue à transformer l'oeuvre moderne en « classique ». Elle a acquis le statut d'une véritable institution littéraire et remplit souvent une fonction patrimoniale pour ses lecteurs. Aucune recherche spécifique ne lui avait pourtant jusqu'ici été consacrée.
    Comment cette collection ? inventée en 1931 par Jacques Schiffrin et éditée par Gallimard depuis 1933 ? s'est-elle construite au fil du temps et des éditions ? Comment chaque nouveau volume entreprend-il de relever ce défi : s'inscrire dans une tradition éditoriale et dans un contexte mouvant tout en satisfaisant aux exigences de la singularité d'une oeuvre ? Ce volume, par la confrontation des expériences de plusieurs « éditeurs » de la Pléiade avec les analyses de spécialistes de l'édition et de la génétique des textes, entend apporter des éléments de réponse à ces questions, ainsi qu'à celle de la tension entre ce que Nathalie Sarraute appelle la littérature « vivante » et le « monument » qu'érige la collection.

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