• Paris, 1900 : une révolution s'engage au temps de la Belle Époque. « L'art pour tous ! », clament les artistes qui exposent « sans jury ni récompense ». Cofondateur du Salon des Indépendants, Paul Signac s'impose comme le théoricien des « impressionnistes dits scientifiques ». Il divise la couleur en taches pures et serrées sur la toile pour que la forme surgisse du mélange optique : il ambitionne un art total entre le paradis perdu de l'âge d'or et l'utopie sociale. Il défend une peinture positiviste, promoteur d'une modernité technique et politique. Ses compagnons répandent le style « pointilliste » comme une traînée de poudre de Paris à Bruxelles : les « néos » exaltent les lendemains qui chantent. L'artiste pose en intellectuel engagé, sous la plume de critiques tels que Fénéon, à l'époque de l'affaire Dreyfus.
    Un corpus grandiose de peintures et d'oeuvres graphiques de Signac et des avant-gardes, des impressionnistes (Monet et Morisot) aux fauves (Dufy, Friesz, Marquet) : symbolistes (Gauguin, Mucha, Redon), nabis (Bonnard, Denis, Lacombe, Sérusier, Ranson, Vallotton), néo-impressionnistes (Cross, Guillaumin, Luce, Pissarro, Seurat, Van Rysselberghe), témoins de la vie parisienne (Anquetin, Degas, Lautrec, Picasso, Steinlen). Une collection privée d'exception pour la première fois exposée dans son ensemble.
    Catalogue officiel de l'exposition Paris 1900 et le postimpressionnisme - Signac et les Indépendants du 28 mars au 27 septembre 2020 au musée des Beaux-Arts de Montréal.

  • Nathalie Bondil, directrice et conservatrice en chef au Musée des beaux-arts de Montréal, nous ouvre son univers littéraire et évoque les livres qui l'ont marquée.

  • Pour son numéro d'automne, TicArtToc prend à bras le corps les multiples problématiques que posent pour la réalité des artistes notre ère du numérique. Entre nouvelles perspectives et contraintes, espaces de liberté et logique marchande, inquiétudes et enthousiasme, cette dernière révolution ne peut laisser indifférent. Numérisation de l'art et arts numériques, deux facettes d'un même phénomène. Elles seront explorées grâce à des portraits et des témoignages d'artistes : parmi eux, César Cubillan, spécialisé dans les oeuvres interactives et téléguidées; Daniel Iregui, artiste visuel et programmeur, Kizaba alias AfriKeleKtro, musicien, ainsi que des collectifs tels que l'agence Topo. La publication propose également plusieurs billets de réflexion : Marcelo Vitali s'interroge ainsi sur la possible existence d'une « littérature numérique » et Julia Salles sur la diversité (question fondamentale de tout texte chez TicArtToc). Claude-Philippe Nolin, lui, nous fait remonter le chemin des pionniers jusqu'à l'époque des premiers ordinateurs pour nous conter les balbutiements d'une ère artistique nouvelle...

  • La publication, et l'ambitieuse exposition du musée des Beaux-Arts de Montréal, proposent un regard neuf sur le processus continu de construction identitaire au Pérou. Un survol original de près de quatre millénaires d'histoire, à travers une sélection de quelque 250 oeuvres : de véritables trésors de l'ère précolombienne; des chefs-d'oeuvre datant de l'époque coloniale, de même que des peintures et des sculptures puissantes réalisées durant la première moitié du XXe siècle et dont un grand nombre n'ont jamais été vus à l'extérieur du Pérou.
    Le catalogue affronte différents thèmes et notamment les mythes et les rituels des anciennes civilisations andines ; leur perpétuation, leur dissimulation ou leur hybridation à l'époque de la viceroyauté; et leur redécouverte, ainsi que leur remise en valeur au XXe siècle par le mouvement indigéniste, qui exprime la fierté d'une nation indépendante.
    Plusieurs éminents spécialistes du Pérou dans les domaines de l'archéologie et de l'histoire de l'art ont contribué à cette publication qui présente aussi des photos de Irving Penn et un entretien avec Mario Vargas Llosa, le plus important écrivain péruvien, Prix Nobel de la littérature 2010.

  • Ce catalogue fait la lumière sur les divers processus de reprise et de transformation, prenant la mesure de la prodigieuse créativité du sculpteur Auguste Rodin est l'un des plus grands sculpteurs de tous les temps, non seulement par son pouvoir de capter la complexité émotionnelle et psychologique des êtres humains, mais aussi pour avoir totalement renouvelé le langage même de la sculpture, en manifestant, en particulier, une passion pour l'acte de faire plutôt que d'achever une oevrue. Pour lui, aucune sculpture n'est jamais vraiment définitive et immuable.
    Toutes ses oevrues en ronde bosse, comme tous ses dessins à partir de 1896, demeurent en permanence porteurs de rebondissements, de transformations, de métamorphoses.
    L'interaction constante entre les accidents et le hasard dans son travail, les figures qu'il fragmente pour les recomposer par son ingénieux «?assemblage?», tout cela lui permet d'entretenir un dialogue avec son oeuvre dans un flux de création continu.
    Le thème de la métamorphose est directement lié au travail de Rodin, sans modèle ni témoin, dans l'intimité de son atelier. L'atelier vu comme le lieu confidentiel de la transformation incessante (suivants divers processus) de pièces ou fragments de pièces, modelées précédemment d'après modèles. Apres 1900, Rodin exploite en effet davantage ses réalisations antérieures qu'il n'en crée de nouvelles. Les plâtres délicats comme les bronzes, les marbres, les dessins, les aquarelles et les photographies témoignent tous de cette intensité créative.
    Tout au long de ses études pour un monument, un portrait ou un groupe sculpté, l'artiste s'entoure de plusieurs moulages en plâtre sur lesquels il peut expérimenter l'arrangement des figures, ou qu'il peut couper, modifier et utiliser comme point de départ pour de nouvelles compositions.
    Toutefois l'«?atelier?» doit également être compris comme la petite communauté artistique qui travaillait pour et autour du maître. Celle-ci se composait de praticiens aux métiers spécifiques auxquels on doit la transformation d'un matériau à un autre, d'une dimension à une autre, sous la direction attentive du maître.
    Ce catalogue fait la lumière sur les divers processus de reprise et de transformation, prenant la mesure de la prodigieuse créativité du sculpteur.
    En outre cet ouvrage présente des chefs-d'oeuvre comme les quelques 200 figures se détachant de la Porte de l'Enfer, que le maître reprendra jusqu'à la fin de sa carrière, ou comme L'homme qui marche.

    Nathalie Bondil est la directrice et conservatrice en chef du Musée des Beaux-Arts de Montréal.
    Sophie Biass-Fabiani est conservatrice du patrimoine au Musée Rodin de Paris.

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