• Dans les épreuves et les violences du monde contemporain. l'invivable est la pointe extrême de la souffrance, de l'injustice, et du soin qui peut et doit y répondre. Mais qu'est-ce qui est invivable ? Puisqu'il exige immédiatement une action et un soin, comment s'en prémunir et le réparer? Judith Butler critique les normes qui rendent des vies « précaires » et « invivables » (depuis Trouble dans le genre ), mais sans pour autant la lier à une philosophie de « la vie » ou du « soin ». Frédéric Worms, de son côté revendique un « vitalisme critique », pour lequel tout ce qui cause la mort relève de la vie, mais d'une manière différenciée selon les vivants, de sorte que « l'invivable » qui tue quelque chose en nous, reste littéralement vital et révèle la spécificité des vivants humains.
    Mais tous les deux voient dans la différence entre le vivable et l'invivable le fondement critique pour une pratique contemporaine du soin. Pour l'un et pour l'autre, le soin complet rendra la vie humaine vivable, « plus que vivante ». Il faut s'appuyer pour cela sur les pratiques concrètes des humains confrontés à l'invivable, les réfugiés dans le monde contemporain, les témoins et les écrivains des violations du passé. Ce sont eux qui nous apprennent et nous transmettent ce qui dans l'invivable est insoutenable, mais aussi indubitable, et ce qui permet d'y résister.
    Un dialogue transcrit et traduit d'une séance tenue à l'Ecole normale supérieure.

  • La pandémie nous fait faire une nouvelle expérience temporelle, elle nous apprend à vivre en temps réel. Le danger consiste à être écrasé par cette expérience temporelle, et à trouver le salut dans la fuite ou dans le déni, car notre rapport au temps cesse d'être insouciant, silencieux, et joyeux. Mais justement, c'est aussi le moment où, en touchant le fond de notre expérience temporelle du présent, nous pouvons trouver de quoi rebondir et comprendre comment cette expérience il est vrai terrible, contient aussi la clé d'une réponse qui serait non seulement individuelle mais aussi collective, historique et humaine. Car le défi est là : puisque les dangers de notre temps comportent aussi un danger dans notre rapport au temps, il nous faut comprendre qu'on ne les affrontera pas sans retrouver aussi un rapport heureux au temps. Nous parviendrons ainsi à concilier toutes les dimensions du temps dans un même instant ; la réponse à l'urgence, mais aussi préserver la vie et les raisons de vivre, le présent mais aussi, en lui, l'avenir.

  • Si le moment présent est le moment du soin, c'est-à-dire non pas seulement d'une vulnérabilité généralisée mais de l'activité humaine qui doit y répondre dans tous les domaines, il faut penser celle-ci dans sa spécificité, sa diversité et ses ruptures, de la technique à l'éthique, de la vie à la justice : c'est le but de ce livre qui en propose à la fois une étude synthétique et des applications ouvertes.
    Il fallait ressaisir l'unité du soin, ce par quoi il unifie non seulement un acte technique indispensable et une relation humaine fondamentale, et sa tension interne, la violation à laquelle il répond mais qui le menace aussi, et qui lui donne sa portée morale et politique. Il fallait ensuite approfondir cette étude sur des aspects précis qui posent chacun des problèmes singuliers et majeurs : la pandémie ou les soins palliatifs, les violations politiques et historiques.
    Il fallait enfin ouvrir les discussions sur les divers points et avec les diverses approches qui tissent conjointement le moment présent. C'est l'objet de cet ouvrage, qui répond à la question liant aujourd'hui notre fragilité et notre fermeté : à quoi tenons-nous ?

  • Ce guide complet de phytothérapie, écrit par trois vétérinaires, recense toutes les recettes à base de plantes contre les affections les plus courantes pour soigner les espèces animales, qu'elles soient domestiques ou d'élevage : décoctions, tisanes, huiles essentielles, compresses de plantes fraîches...
    Organisé par grand systèmes (urinaire, digestif, respiratoire, musculaire...), l'ouvrage prend en compte les spécificités de chaque espèce et ne détaille que des remèdes éprouvés par des décennies de pratique.
    Bien connaître la phytothérapie, ses avantages comme ses limites, permet de prévenir et de soigner son animal au quotidien, c'est lui permettre de vivre mieux et longtemps.

  • «Nous savons que ce ne sont pas des pensées comme les autres, ces pensées qui nous relient ou nous séparent les uns des autres, par exemple lorsque je ne cesse de penser à ta venue ou à ton départ - ou même à ta disparition -, ou lorsque notre dispute me revient à l'esprit, ou lorsque je dois t' annoncer une épreuve - ou te déclarer mon amour. Ces pensées ont beau être singulièrement intenses, parmi nos pensées, et singulièrement vitales, dans nos vies, nous les réduisons à des cas isolés, nous n'y pensons plus.
    Or, le but de ce livre est simple : il consiste à expliquer pourquoi "penser à quelqu'un", ce n'est pas comme penser à "quelque chose", mais pas non plus une exception pour la pensée, ni dans la vie. Bien plutôt un modèle de la pensée, et une orientation dans la vie.» Frédéric Worms.

  • Depuis la première édition de ce livre, en 2017, tout confi rme et rend plus urgent son diagnostic.
    Car tous les maux de l'époque sont redoublés par le mal analysé ici, que la démocratie est la seule à a ronter : la violence intérieure entre les humains. Avec ses formes précises : cynisme, racisme, ultralibéralisme.
    Que ce mal soit « chronique » ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire, bien au contraire. Car s'il peut atteindre des pics mortels, il peut également connaître des progrès vitaux, avec les bons remèdes. On pourra ainsi répondre à tous les maux du moment.

  • Auteur des Maladies chroniques de la démocratie, Frédéric Worms tient également une chronique dans le journal Libération. Il n'échappe donc pas à la sidération qui définit l'époque : des attentats aux épidémies, en passant par l'incendie de Notre-Dame, # Metoo ou le climat, il est saisi par l'événement.
    Mais en l'exprimant, en l'analysant, en le mettant à chaque fois à l'épreuve d'une pensée du vivant et de la justice, il nous donne le premier moyen de la résistance : un sens partagé. Car l'événement, ce sont aussi des actes, des oeuvres, des ressources que l'on peut repérer et soutenir. Ces chroniques vont à leur rencontre.
    Comment répondre aux dangers qui nous menacent ? En traversant l'épreuve de l'événement et en retrouvant la dimension vitale de la démocratie. Afin que les années de sidération soient aussi les jalons d'une résistance. Car rien n'est joué d'avance.

  • Tous les mots de la langue sont philosophiques. Particulièrement les plus communs d'entre eux qui renvoient aux expériences et aux problèmes de chacun - la vie, la mort...

  • Alors que le monde est secoué par les effets dévastateurs d'une pandémie, la question du soin est plus que jamais au coeur des enjeux de notre société. Les auteurs et interlocuteurs de la collection " Questions de soin " prennent la parole et proposent ici leur contribution à cette réflexion, comme autant de jalons pour l'avenir. Au-delà de l'intervention, sur le moment, il faut en effet reprendre et s'appuyer sur le temps de la recherche, de la pratique, de l'enseignement à tous niveaux, du débat public sur le long terme, qui sera aussi celui de cet événement hors-normes

  • Dans le discours public, la république et ses « valeurs » sont invoquées en permanence, suscitant souvent l'indifférence et parfois l'irritation.
    Devant ce constat, il importait de redonner du sens aux mots, car la vie démocratique et la construction de l'intérêt général sont aussi une affaire de langue. Comment poursuivre une forme ou une autre de « vivre-ensemble » sans se parler et sans se comprendre ?
    Ce livre fait donc le choix de donner la parole à des chercheurs européens qui interrogent les mots de la République et du républicanisme dans une perspective internationale et sur la longue durée, des démocraties grecques aux enjeux contemporains.
    Son ambition : inviter le lecteur à prendre du recul et à penser la République non comme un dogme, mais comme un objet vivant où doivent se conjuguer l'intérêt commun et la liberté de tous.

  • Un verbe exprime en français l'un des secrets de notre être et l'une des clés de notre époque maniaco-dépressive : ce verbe, c'est revivre. Il a deux sens que tout paraît opposer. Revivre, c'est en effet renaître, retrouver le sentiment d'être vivant et relié à autrui. Mais c'est aussi se laisser rattraper par «un passé qui ne passe pas» et se replier sur soi-même. Chacun de nous fait cette double expérience, souvent sans le savoir.
    Il faut pourtant la penser, l'affronter, résister à ce qui nous enferme, accéder à ce qui nous délivre. Inventaire de nos blessures et de nos ressources, diagnostic du moment présent, parcours dans les idées et les oeuvres, ces propos renouent avec les actes les plus intenses de notre vie. Un art de vivre, c'est-à-dire de revivre, qui pourrait bien être le seul possible aujourd'hui.

  • « Nous avons besoin aujourd'hui d'un humanisme vital.

    Et cela nous ramène à la «valeur» de l'humain qui est la condition de tout humanisme et sur laquelle on s'est beaucoup trompé.
    Car cette «valeur» n'est pas une propriété simple qui excepterait l'humain du vivant ou qui pourrait être écrasée par lui. Elle réside plutôt dans des inventions humaines, réponses toujours perfectibles à tous les dangers vitaux à la fois. Ainsi, cet humanisme est vital non seulement parce qu'il situe l'humain dans le vivant, mais parce qu'il le considère comme nécessaire et urgent, pour la vie de tous les vivants.

    L'humanisme suppose encore autre chose : un accès universel à tous les humains. Or, ici, nous partageons bien quelque chose mais n'est-ce pas d'abord une inquiétude ? Oui, en effet. C'est même ce qui m'a poussé à vous écrire. Mais je savais, dès que je m'y suis engagé, que cela nous permettrait aussi de rejoindre nos joies. » F. W.

    Dans ces lettres adressées à une amie « inquiète et qui sait penser », Frédéric Worms explique pourquoi l'humanisme vital est la réponse philosophique aux dangers de notre temps.

  • Suite directe du premier tome pour cette série horrifique créée par Steve « 30 Jours de nuit » Niles et Damien Worm, devenue depuis janvier 2020 une série TV sur Netflix, consacrée à la famille Allan, une famille pas vraiment comme les autres...

    Alors que Fredrick - le père - fait tout ce qu'il faut pour mettre son passé de chasseur de monstres derrière lui afin de vivre enfin tranquillement auprès de sa femme Deloris, leurs deux enfants, Geoff et Vivian, décident de reprendre l'affaire familiale. Mais certains fantômes du passé refusent de se faire oublier, tandis que des forces occultes conspirent pour anéantir notre réalité...

  • Fredrick Allan et sa famille sont des chasseurs de monstres à la retraite. Une famille un peu spéciale cependant, puisqu'elle comprend un tueur de fantômes, une sorcière et un mage. Mais parfois... c'est la folie qui sert de ciment à toute une famille, aussi dysfonctionnelle soit-elle...

  • Cet ouvrage explore la complexité et la richesse de l'événement de la naissance, la diversité des approches sociales et culturelles, la force des enjeux qui en découlent, qu'ils soient psychiques ou politiques. Comment se déroule une naissance, quels soins l'entourent, la précèdent, la prolongent, l'accompagnent ? Quels sont ceux et celles, parents, soignants, figures médicales ou symboliques, mythologiques ou magiques, qui participent à la naissance ou à la renaissance d'un individu ?
    Autour du paradigme de la naissance, se croisent d'anciennes questions et de véritables défis contemporains autour de la conception et de la fabrication des enfants. Que nous apprennent ceux qui accueillent les nouveau-nés et secondent leurs parents, mais aussi ceux qui entendent dans la souffrance d'un adolescent ou d'un adulte la douleur d'une impossible naissance à soi ?

  • « Un artiste prometteur », ce sont les termes employés par Georges Pompidou pour parler de Youla Chapoval, quelques années avant sa propre mort. « C'est le premier artiste que j'ai acheté, il est mort jeune. Trop jeune », confiait le Président de la République avec émotion en commentant une oeuvre du peintre, alors qu'il ouvrait les portes de sa résidence secondaire d'Orvilliers à la télévision française de l'époque.
    En l'espace de presque 10 ans - de 1942 à 1951 -, ce peintre russe de la Deuxième École de Paris s'est fait reconnaître par ses contemporains, artistes, critiques et collectionneurs d'art. Sa mort brutale et mystérieuse en 1951, alors qu'il n'a que 32 ans, met fin à une carrière qui atteignait tout juste sa maturité, les dernières oeuvres de l'artiste étant empreintes d'une esthétique libre et poétique, affranchie de toute influence.
    Le catalogue que lui consacrent les galeries Alain Le Gaillard, Laurentin et Le Minotaure propose une vue d'ensemble sur cette trajectoire fulgurante, sur cette décennie de création acharnée, marquée par un style pictural qui n'aura cessé d'évoluer. À travers une sélection d'huiles, d'oeuvres sur papier et de lithographies, l'ouvrage illustre cette évolution, ce passage remarquablement rapide d'un style figuratif académique à une abstraction lyrique et « humaniste », via un cubisme librement interprété.

  • « Suis-je le gardien de mon frère ? » À partir de ce verset de l'Ancien Testament, cinq intellectuels interrogent tour à tour les rapports que l'être humain entretient avec ses semblables : une lecture plurielle consacrée à la solidarité et à la responsabilité, où se confrontent les interprétations des trois grandes religions monothéistes et de la philosophie contemporaine. Conçu à partir d'un événement organisé par la Villa Gillet dans le cadre du festival « Mode d'emploi », en novembre 2015, quelques jours après les attentats de Paris, ce livre propose une belle réflexion polyphonique.

  • Au tournant des années 1980, Étienne Daho était un jeune homme comme les autres vivant à Rennes, mais déjà un enfant terrible du rock avec son groupe Les Stinky Toys. Les photographies de Pierre René-Worms, des flyers, affiches, coupures de presses et notes nous font entrer dans l'univers intime de Daho avant le succès qu'on lui connait. Couverture toilée disponible en rose ou vert.

  • Face à la violence, que peut la philosophie ? La question se pose avec une terrible acuité après les attentats de janvier 2015 à Paris. Cet ouvrage limpide, étincelant, destiné à un large public, met la philosophie à l'épreuve de la politique, de 1943 - année de la publication de L'Être et le Néant - jusqu'à nos jours, à travers des figures emblématiques.

    Sartre donne à sa philosophie de la liberté une portée métaphysique. Camus récuse la violence en recourant à l'absurde et à la révolte. Pour Merleau-Ponty « l'épaisseur du présent » impose à l'action « les moyens du présent ». Simone Weil, Canguilhem, Cavaillès mettent le pacifisme à l'épreuve et en avant l'expérience de la nécessité. Lévi-Strauss pose le problème de la violence face à la diversité humaine repensée. Deleuze pense la dimension ultime de l'être comme différence. Foucault s'attache à l'enfermement intolérable. Levinas et Derrida analysent le passage de la métaphysique à l'éthique. Jankélévitch se penche sur la question du pardon, de l'impardonnable et de l'imprescriptible.

    C'est la philosophie tout entière - c'est-à-dire l'action et la pensée, les oeuvres et les relations, l'histoire et l'actualité - qui répond à la folie du monde. Aussi ce livre peut-il être lu comme un acte de résistance.

  • La philosophie du soin que ces journées voudraient esquisser ne vise ni à
    dénoncer la technique médicale pour elle-même, ni à attendre qu'elle résolve
    par son évolution les problèmes éthiques. Elle cherche à penser les manières
    dont les techniques peuvent, y compris dans leur matérialité, s'intégrer à la
    visée du soin. Elle ne vise pas à ajouter de l'extérieur une dimension
    soignante à la médecine technique existante, mais à penser le soin au coeur même
    de la technique et de la médecine. Contribuer à une philosophie du soin demande
    de faire converger différentes approches réflexives dans les divers champs de
    la médecine qui mobilisent de manière intense la question du soin. Ce projet
    rencontre aussi les problèmes soulevés par l'éthique du care. Il s'agit aussi
    de s'interroger sur la manière dont cette réflexion peut initier le soignant à
    se décentrer du point de vue de la technique médicale pour (re)connaître
    l'existence et la légitimité de celui du malade. Comment faire que la
    philosophie ne soit pas tant une initiation à l'éthique et à des principes
    fondamentaux extérieurs à la question du soin, qu'une formation éthique visant
    la rénovation du soin par l'attention au malade ? Ouvrage publié sous la
    direction de Frédéric Worms, professeur d'histoire de la philosophie
    contemporaine à l'Université de Lille 3 (UMR 8163 Savoirs textes et langage) et
    directeur du Centre international d'étude de la philosophie française
    contemporaine à l'ENS (Paris).

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