• La France en récits

    Yves-Charles Zarka

    • Puf
    • 17 Juin 2020

    Il n'y a pas un récit unique de la France mais des récits multiples, convergents ou divergents. Au lieu de poser d'emblée la question du récit national qui fait l'objet d'affrontements idéologiques, La France en récits examine la manière dont les récits qui font la France se composent, se superposent, mais aussi s'opposent et s'affrontent. Au-delà de la diversité des lieux de mémoire, c'est à travers l'analyse de ces récits que l'on comprend comment se forge et se transforme l'identité de la France, à la fois une et divisée.
    L'ouvrage aborde ainsi les réalités du pays à travers une plongée dans les récits portant aussi bien sur la vie "concrète" (la géographie, le paysage, la gastronomie, les vins, la vie intellectuelle, etc.) que sur la langue française, des moments historiques majeurs, des personnages centraux mais aussi sur la vie sociale, institutionnelle et politique.

  • Les sociétés démocratiques sont confrontées à l'émergence d'enjeux environnementaux décisifs qui concernent tant les modes de production, d'échange et de consommation que l'habitat, les transports, l'agriculture, l'industrie et même nos modes de vie. La prise en charge de ces enjeux ne saurait s'opérer simplement par des mesures ponctuelles ou locales. Doit aujourd'hui être repensée la temporalité de l'action politique, confrontée à une urgence qui ne cessera de s'accroître dans les prochaines années. Dans ce contexte, la question de la transition écologique occupe une place tout à fait centrale qui impacte fortement la problématique des inégalités entre les sociétés et à l'intérieur de celles-ci. Il en va de la survie de nos démocraties.

  • Que se passe-t-il dans la philosophie en France aujourd'hui, après les grandes figures de la deuxième partie du XXe siècle qui ont dominé la scène mondiale ? Quelles sont les figures majeures de la philosophie française contemporaines ? À l'origine publiés dans la revue Cités en 2014, les auteurs de ce recueil délivrent leurs analyses sur l'après-Lacan, l'après-Derrida, l'après-Deleuze ou l'après-Levinas et Ricoeur. Parole est aussi donnée aux plus grands acteurs de la philosophie française d'aujourd'hui qui donnent leur vision personnelle du secteur de la philosophie qui fait leur spécialité. Au sein d'un même volume sont ainsi regroupés les plus grands penseurs français de notre temps : Alain Badiou, Jacques Rancière, Jean-Luc Marion, Marcel Gauchet, Vincent Descombes et d'autres.

  • Le concept du politique est le titre de l'ouvrage le plus célèbre et sans doute le plus marquant de Carl Schmitt. C'est aussi une expression par laquelle il entendait déterminer le critère du politique, qu'il s'agisse d'une position, d'un contexte, d'une action, d'un conflit, etc. À travers le critère, c'est l'essence même du politique qu'il déterminait et qu'il faisait résider dans la distinction ami/ennemi.
    Or, le présent ouvrage entend montrer que ce prétendu critère et cette détermination de l'essence du politique relèvent d'un double mythe qu'il s'agit donc de déconstruire, d'une part, en mettant en évidence les détournements de concepts pratiqué par C. Schmitt, d'autre part, en attestant les conséquences de la réinscription mythologique du politique, y compris à travers les positions de Schmitt dans le contexte intellectuel, juridique et politique du nazisme. Pour que les analyses données dans ce volume sur le rôle du mythe dans la pensée de Schmitt aient un support textuel direct, est publié à la fin de l'ouvrage l'un de ses textes de 1923, traduit par Denis Trierweiler, « La théorie politique du mythe ».
    Ouvrage publié sous la direction de Yves Charles Zarka, professeur à l'Université de Paris Descartes, directeur des collections « Fondements de la politique », « Intervention philosophique », « Débats philosophiques » et de la revue Cités aux Puf.
    Avec les contributions de Jean-Pierre Faye (Université européenne de la recherche), Olivier Jouanjan (IUF et Université Robert-Schuman de Strasbourg), Nicolas Tertulian (EHESS) et Denis Trierweiler (Université européenne de la recherche).

  • Qu'est-ce qu'un point névralgique en philosophie ? C'est une question ou une position particulière, locale, mais autour de laquelle une pensée se joue dans sa totalité.
    Autrement dit, c'est un lieu de décision philosophique qui n'engage pas seulement sa cohérence, mais aussi et surtout sa spécificité et sa teneur. Un point névralgique est donc un lieu d e décision philosophique dont aucune philosophie marquante ne fait l'économie. Dans cet ouvrage sont analysés les principaux points névralgiques de nombres des plus grands philosophes contemporains. Il en va ainsi, par exemple, de la question du sujet chez Foucault, ou de celle du pardon chez Derrida, ou encore de celle de la légitimation postmoderne chez Lyotard, etc. Ces points névralgiques ne sont pas les seuls chez ces penseurs, mais ils ont au moins une importance toute particulière et tous ont joué un rôle majeur dans la construction de la pensée occidentale.

  • Hobbes n'est évidemment pas un penseur libéral.
    Poser la question de son libéralisme n'aurait tout simplement pas de sens. En revanche, il y a un bon nombre d'aspects de sa pensée dans lesquels la tradition libérale s'est reconnue. Ce livre prend en compte le rapport de la tradition libérale à Hobbes, rapport qu'il s'est agi d'analyser à nouveaux frais en vue de sortir des impasses produites par les reconstructions artificielles diverses dont il a fait l'objet au cours des dernières décennies. L'ouvrage vise surtout un publique d'étudiants et cercheurs.

  • La tolérance est inutile quand il y a vie en commun, dans ses solidarités et ses discordes. Elle est indispensable orsqu'il y a vies éparée.
    La tolérance doit répondre à la question suivante : comment empêcher ceux (individus ou groupes) qui se rejettent mutuellement, pour des raisons multiples-passées ou présentes, de propriété, de légitimité contestée, de rivalité des histoires, de religion, de culture, etc.-, de se penser et de se poser dans la négation l'un de l'autre ? Comment, par conséquent, penser et établir la coexistence ?

  • L'ouvrage s'articule autour de deux perspectives. La première consiste à analyser des processus factuels touchant la réalité, mais aussi les représentations, la hiérarchie des valeurs, le statut de la violence au sein des démocraties contemporaines. Il ne s'agit pas de donner une vision globale, mais de mettre en évidence des transformations singulières, obscures et inaperçues qui affectent pourtant profondément la politique et sont susceptibles de rendre compte des dérives de la démocratie aujourd'hui. Ainsi, le monstre ordinaire, le maître anonyme, la nouvelle trinité sont des concepts qui permettent de comprendre les métamorphoses du rapport entre la norme et sa transgression, la mise en place de nouveaux dispositifs de domination ou encore l'hégémonie de valeurs purement instrumentales. La seconde est normative, elle entend dépasser les faits pour s'interroger sur notre capacité à repenser et à changer le cours des choses au plan politique. Il en va ainsi de la reconsidération de la notion de légitimité démocratique, de la distinction des différents modes de consultation des populations, de l'élucidation des modes d'identification collectifs, des réflexions sur les conditions d'une laîcité vivante.

  • On ne saurait nier qu'il y a, aujourd'hui, un regain d'intérêt pour l'idée cosmopolitique. Il résulte de la conscience de l'extension au monde entier d'un certain nombre de problèmes qui relevaient, il y a encore quelques années, de dimensions locales, régionales ou nationales. En fait, ce que l'on appelle la mondialisation ou la globalisation sous-tend ce phénomène et semble, à bien des égards, à la source de cette réémergence.
    Ce qui n'est d'ailleurs pas sans ambiguïté, car le cosmopolitisme dans son sens originel et positif pourrait bien être l'opposé radical de la mondialisation économique, financière ou même culturelle. C'est pourquoi le cosmopolitisme est affecté aujourd'hui d'une grande équivoque : il peut être pensé dans le prolongement de la mondialisation ou, au contraire, comme sa critique radicale.

  • La Terre est dans un état critique. Surexploitée, spoliée, sa finitude est niée par l'appropriation productiviste qui domine notre temps et qui accroît les inégalités au sein des sociétés et entre les parties du monde. La Terre n'est pas simplement le globe terrestre, elle est aussi et fondamentalement le monde habitable. En la détruisant continuellement, l'homme s'autodétruit. Il devient urgent de nous reprendre si l'humanité souhaite rester libre de son destin et transmettre un monde habitable aux générations futures.
    Beaucoup de choses ont été dites ou écrites sur les autres développements possibles, mais il manquait un principe susceptible de rendre compte du sens philosophique du tournant que nous devons prendre.
    Tel est l'enjeu de ce livre qui entend repenser, par le concept d'inappropriabilité, notre être dans son rapport aux autres, à l'humanité et au monde vivant. Cette refondation repose sur trois piliers (cosmopolitique, politique et éthique) et vient revisiter la manière dont nous vivons et agissons, individuellement et collectivement. Elle doit, au final, permettre de surmonter le nihilisme contemporain et restaurer l'espoir en un avenir qui ne soit pas hanté par le spectre de la catastrophe.

  • Nous sortons d'un monde et nous entrons dans un autre. La crise écologique entraîne une des révolutions les plus considérables de l'histoire de l'humanité. Mais cette révolution est encore insensible, presque imperceptible. Elle est due à l'action de l'homme, mais à son insu. Elle n'a été ni conçue, ni prévue, ni voulue par lui et pourtant son issue dépend de lui. Où nous mènera-t-elle ? Nous ne le savons pas encore. Ce que nous savons, c'est que l'humanité est à la croisée des chemins, son destin dépend de ses choix présents. Face à nos certitudes qui vacillent, la trilogie du Monde émergent nous entraîne dans cette profondeur de l'interrogation de l'homme sur lui-même, sur ses modes d'être, de penser et d'agir. Le présent volume porte sur les lieux d'émergence, c'est-à-dire les points névralgiques où les nouvelles questions se formulent (territoires, santé, migrations...). Un lieu est un carrefour où se croisent les données diverses touchant globalement les trois notions de territoire, de population et de citoyenneté. Ce volume a pour ambition d'éclairer nos choix moraux, politiques et écologiques dans un monde en crise.

  • "Il fut un temps où l'intellectuel était un écrivain, un savant ou un
    philosophe qui intervenait dans les affaires de la cité, au nom d'une autorité
    morale fondée sur une oeuvre importante, voire considérable, pour rappeler ses
    concitoyens ou le pouvoir à leurs responsabilités. D'Émile Zola à Michel
    Foucault, en passant par Albert Camus et Jean-Paul Sartre, et quelles que
    soient leurs divergences sur le rôle de l'intellectuel, tous correspondaient à
    ce modèle. Ce temps est révolu et ce, depuis le milieu des années 1970. Non
    qu'il n'y ait plus d'écrivains, de savants ou de philosophes, non qu'il n'y ait
    plus d'intellectuels intervenant dans la cité, mais parce qu'il y a désormais
    discordance entre les premiers et les seconds. L'oeuvre n'est plus ce qui donne
    l'autorité. Quelque chose s'est donc passé : la découverte de la puissance des
    médias et en particulier de la télévision non seulement sur les plans de la
    politique, de la communication et du divertissement mais aussi sur le plan
    intellectuel. C'est là que les positions se sont changées en postures.
    L'apparence, la semblance, la mimique sont devenues des clés pour entrer sur la
    scène publique. L'essentiel n'est plus de faire une oeuvre, mais de faire croire
    qu'on en a une. Les ego surdimensionnés peuvent cacher la vacuité de leur
    pensée. Mais ces intellectuels d'apparat n'ont pu s'emparer de l'espace public
    qu'avec la complicité de ceux qui avaient pour fonction de l'organiser : les
    journalistes. Ceux-ci sont devenus les voies de passage obligées et des
    instances d'accréditation des oeuvres et de statuts. Les intellectuels sont
    ainsi devenus à leur tour des people comme les autres. Ils fonctionnent selon
    la loi générale de la « peoplisation » : plus on vous entend, plus on vous
    voit, plus vous êtes célèbre, plus vous êtes célébré, plus vous êtes un grand
    écrivain, un grand savant, un grand philosophe. Cette logique de la «
    peoplisation » a transformé les intellectuels en marionnettes dérisoires qu'on
    écoute éventuellement parce qu'ils ont leur place marquée dans le paysage
    audiovisuel. Tout le monde aura compris de qui je veux parler. Il serait de
    mauvais goût de ma part de citer qui que ce soit. L'espace public est désormais
    aux mains des bateleurs, des pantins à ressorts qui réapparaissent à chaque
    fois qu'un malheur frappe. Ils s'alimentent du malheur des autres. Ils en
    tirent de la jouissance et de la gloire. L'espace public est désormais saturé.
    Il n'y a plus de place pour vous ! D'ailleurs qui vous connaît ? Qui vous
    réclame ? Vous ne serez pas entendu ! Ceux qui refusent de se laisser prendre à
    ce marché de dupes se retirent silencieusement : ils enseignent, écrivent,
    cherchent ou font autre chose en cercles restreints et interviennent parfois
    dans la cité, mais localement, loin des grands prédateurs de l'espace public
    médiatique". Y.C. Zarka Yves Charles Zarka est professeur de philosophie
    politique à l'Université Paris V René Descartes. Fondateur et directeur de la
    revue Cités, il est également directeur des collections « Intervention
    philosophique » et « Débats philosophiques » aux PUF et auteur de nombreux
    ouvrages.

  • La question de la subjectivité est au centre de la définition de la modernité.
    Or, cette question a été le plus souvent examinée en fonction du tournant cartésien. On considère ainsi la détermination de l'ego comme sujet, la clef de tout le développement postérieur de la philosophie.

    Le présent ouvrage montre qu'il y a en vérité une autre histoire de la subjectivité qui se développe dans les théories du droit naturel et qui va donner naissance au sujet de droit, figure majeure du sujet moderne.

  • La collection "Fondements de la politique", dirigée par Yves Charles Zarka, directeur de recherche au CNRS, accueille, d'une part, les éditions de textes importants où les concepts fondamentaux de la politique peuvent être ressaisis dans leurs mouvements doctrinaux de formation, d'infléchissement ou de crise, d'autre part, des travaux de recherche sur les auteurs ou les oeuvres de philosophie politique, enfin, des essais visant à renouveler la pensée politique contemporaine. Deux sections : Textes et Essais.

  • Parler d'inappropriabilité de la Terre peut paraître hautement paradoxal. La Terre n'a-t-elle pas été, et n'est-elle pas encore, le lieu par excellence de toutes les tentatives d'appropriation ? Mieux, le concept de l'acquisition primitive d'une chose n'a-t-il pas pour paradigme l'appropriation de la Terre ou du sol ? Si la propriété est donc originairement celle de la Terre, cette origine de l'acte d'appropriation est loin d'être neutre parce qu'il inclut dans sa définition même l'exclusion d'autrui de la possession ou de l'usage de la même chose. L'élucidation du concept de l'inappropriabilité de la Terre ne relève donc pas d'une question simplement juridique, ni même de philosophie du droit. Elle suppose l'explicitation des conditions anthropologiques, économiques, politiques et même théologiques de la prise de possession individuelle et exclusive de la Terre-sol.

  • Les problématiques environnementales imposent de réexaminer sans tarder les outils et les méthodes dont nous disposons et de développer de nouvelles approches prenant en compte de nombreuses limites, en particulier la finitude de la terre, la finitude des ressources et la non substituabilité de certaines ressources. Les auteurs s'interrogent notamment sur les modèles susceptibles de remplacer la conception traditionnelle du progrès qui reposait sur l'idée d'une richesse inépuisable de la nature pour répondre à ce défi de l'avenir.

  • Cet ouvrage a pour objet d'élucider les concepts politiques majeurs produits par l'âge classique : la souveraineté, le pacte social, la raison d'État, le droit naturel, la tolérance, l'émancipation par la raison, les droits de l'homme, la reformulation de la problématique théologico-politique, etc. À cet effet sont examinés, entre autres, les apports de Bodin, Botero, Grotius, Hobbes, Harrington, Pufendorf, Domat, Bayle, Leibniz, Locke, Rousseau, Kant. La question qui a guidé cette enquête est la suivante : qu'est-ce que le politique pour les modernes ? Cette élucidation a pour objet de mettre en évidence les présuppositions philosophiques, voire métaphysiques, de cette pensée qui renouvelle l'idée du politique à travers la réélaboration des catégories de l'être et du paraître, de l'ordinaire et de l'extraordinaire, du pouvoir et de la légitimité, du temporel et du spirituel. Cette démarche n'est donc pas seulement historique, mais aussi fondamentalement philosophique : si nous voulons valablement savoir en quoi l'époque contemporaine exige une remise en cause de certaines des déterminations modernes du politique et donc la construction de nouveaux concepts, il importe au préalable de savoir exactement ce qu'a été l'apport de la modernité.

  • Ces dernières années, l´extraordinaire fortune du terme « gouvernance » n´est certainement pas due au hasard, pas plus que la terminologie de l´évaluation et celle de la transparence qui l´accompagnent. « Gouvernance », « évaluation », « transparence » : voilà la nouvelle trinité d´une religion elle-même nouvelle, la religion managériale. Mais cette gouvernance est-elle compatible avec la démocratie ? Ne s´apparente-elle pas plutôt à une technologie gestionnaire qui aurait pour objectif à la fois d´esquiver la démocratie et, à terme, de lui substituer un nouveau paradigme de légitimité ? C´est là l´un des points majeurs que cet ouvrage tente d´élucider.
    Le paradigme de la légitimité démocratique a été attaqué de trois côtés : par la mondialisation du capitalisme, par des pratiques de gouvernance qui ruinent la dimension publique du politique et par une dérive de la démocratie elle-même, soit la distance qui s´est créée entre « la caste de pouvoir » et les citoyens ordinaires.  Au-delà du diagnostic de l´état critique de la démocratie, le présent ouvrage a également pour ambition de montrer par quelles voies en sortir.  Yves Charles Zarka est philosophe, professeur à la Sorbonne et à l´Université Paris Descartes. Il dirige la revue Cités (PUF) et a entrepris depuis une quinzaine d´année, entre autres choses, de repenser les fondements des démocraties occidentales. Son travail connaît une large réception internationale. Il a récemment publié Le Monde émergent 1 « Lieux » (Armand Colin), Le Monde émergent 2 « L´inappropriabilité de la Terre » (Armand Colin), Repenser la démocratie (Armand Colin) et Refaire l´Europe (avec Habermas) (PUF).  Ont également contribué à ce volume : Gianfranco Borrelli (Naples), Maeve Cooke (Diblin), John Dunn (Cambridge), Franck Fischbach (Nice), Christian Godin (Clermont-Ferrand), Christian Lazzeri (Paris-Nanterre), Paul Mathias (Paris), Jacques de Saint Victor (Paris-Saint-Denis), Stefano Petrucciani (Rome), Jacques Taminiaux (Boston), Francesco Saverio Trincia (Rome), Hans Vörlander (Dresde).

  • La démocratie française est en crise ! Un pouvoir qui manipule les émotions collectives. Un État privatisé et soumis au marché financier. Un accroissement sans précédent des inégalités, des discriminations, des stigmatisations et des exclusions. Repenser la démocratie, c'est faire le diagnostic de cette crise et tenter de fournir des réponses aux questions suivantes : les pathologies de la démocratie sont-elles dues au régime ou aux gouvernants ? Quelles sont les réformes à réaliser pour que la démocratie retrouve le sens de la justice, de l'égalité et de la solidarité ? Comment remettre en cause l'anti-démocratisme ambiant qui prend parfois la forme d'une haine de la démocratie constitutionnelle et libérale et qui fait l'éloge des régimes autoritaires de triste mémoire ?Repenser la démocratie, c'est aussi effectuer des comparaisons internationales et apporter des propositions nouvelles. Il faut, par exemple, reprendre le problème de la légitimité, en introduisant une distinction totalement nouvelle entre légitimité de titre et légitimité d'exercice. Le vote ne doit plus être un blanc-seing donné aux gouvernants pendant une période déterminée. Yves Charles Zarka a réuni, dans une réflexion commune, une équipe pluridisciplinaire composée de philosophes, politistes, juristes, anthropologues, sociologues, historiens. Ont notamment participé à ce projet : Raymond Boudon, Daniel Boy, Robert Castel, Robert Damien, Jean-Pierre Dupuy, Michel Degoffe, Guy Groux, Lucien Jaume, Alain Laquièze, Guillaume Le Blanc, Pierre Mélandri, Stefano Petrucciani, Patrick Pharo, Frédéric Rouvillois, Francesco Saverio Trincia, Hans Vorländer, Gianfranco Borrelli.

  • Faut-il réviser la loi de 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat ? Cette question agite la société française en cette année du centenaire de la loi parce qu'elle engage la spécificité de l'institution républicaine en France, elle oblige à reconsidérer la définition de la France comme république laïque. Avant toute prise de décisions, il est nécessaire de relire l'histoire et de s'interroger sur l'utilité d'une telle révision de la loi. C'est l'avenir de la République qui est en jeu, il devient utile que le citoyen comme le législateur soient éclairés sur les raisons et les effets d'une révision.

  • Ce livre a profondément marqué l'histoire de l'interprétation de Hobbes en montrant que la signification de l'oeuvre reposait sur une position métaphysique et qu'il fallait donc réinscrire Hobbes dans l'histoire de la métaphysique pour élucider sa place dans l'histoire de la pensée éthique et politique.
    On conçoit facilement le déplacement que cette lecture impliquait dans la compréhension d'une oeuvre qui était pour l'essentiel réduite à une dimension politico-historique. Il ne s'agissait évidemment pas d'en réduire l'importance politique, ni d'en minimiser l'inscription dans l'histoire de la guerre civile anglaise, mais au contraire de mettre au jour la structure spéculative qui en fondait l'originalité théorique.
    La pensée de Hobbes engage une réélaboration du concept de vérité, c'est-à-dire une redéfinition du rapport entre la perception, le discours et le monde qui constitue l'horizon de sa philosophie naturelle et de sa philosophie politique. Les deux premières parties du livre sont consacrées à l'examen des positions métaphysiques de Hobbes sur le plan de la théorie de la perception et sur celle du langage.
    La troisième en étudie les implications dans la philosophie naturelle. Enfin, la quatrième comporte une nouvelle analyse du déploiement complet du système éthico-politique depuis la théorie de l'individu jusqu'à la protofondation de l'Etat. Ce livre a été couronné par l'Institut de France (Académie des Sciences Morales et Politiques) et a obtenu la médaille de bronze du CNRS.

empty